Pour les parents pressés
La poussée dentaire est un processus naturel qui commence généralement entre 4 et 7 mois. Les 20 dents de lait percent progressivement jusqu’à l’âge de 3 ans environ. Chaque épisode de percée dure en moyenne 8 jours : 5 jours avant l’apparition de la dent et 3 jours après.
Les signes les plus fiables sont les gencives gonflées et rouges, la salivation abondante et le besoin de mordiller. Attention : la fièvre élevée, la diarrhée et les vomissements ne sont pas des symptômes normaux de la poussée dentaire et doivent faire rechercher une autre cause.
Pour soulager bébé, trois gestes suffisent : anneau de dentition réfrigéré (jamais congelé), massage doux des gencives au doigt propre et paracétamol si la douleur est importante. Les gels anesthésiants, les colliers d’ambre et l’aspirine sont à proscrire.
Bébé bave, mâchouille tout ce qui passe, a les joues rouges et dort mal depuis trois nuits. Il y a de fortes chances que vous soyez en pleine poussée dentaire. Ce passage obligé du développement est parfois anodin (certains bébés percent leurs dents sans que personne ne s’en aperçoive) et parfois franchement pénible, autant pour l’enfant que pour les parents qui se sentent impuissants.
Si vous cherchez à comprendre ce qui se passe réellement dans la bouche de votre bébé et surtout comment l’aider concrètement, vous êtes au bon endroit. Pour tout savoir sur l’ordre d’apparition des dents et les grandes étapes du calendrier dentaire, consultez notre article dédié aux premières dents de bébé. Ici, on se concentre sur le vif du sujet : reconnaitre une poussée, savoir combien de temps ça dure et agir pour soulager.
Ce qui se passe dans la bouche de bébé
Avant de percer la gencive, une dent de lait parcourt un long chemin. Elle se forme dans l’os de la mâchoire dès la vie intra-utérine, puis migre lentement vers la surface. Quand elle atteint la gencive, elle exerce une pression croissante sur le tissu. La gencive s’enflamme, gonfle, rougit. C’est cette inflammation locale qui provoque la douleur et la plupart des symptômes que vous observez.
Les gencives du nourrisson sont épaisses et résistantes, constamment sollicitées par la succion. Percer cette barrière demande du temps, et c’est pour cette raison que les symptômes ne se limitent pas à un jour : ils s’étalent sur plusieurs jours avant et après l’apparition visible de la dent. Les phénomènes inflammatoires ont tendance à s’intensifier la nuit, ce qui explique pourquoi les poussées dentaires perturbent souvent le sommeil plus que les journées.
Les vrais signes de la poussée dentaire
Tous les bébés ne réagissent pas de la même façon. Certains traversent les poussées dentaires sans broncher, d’autres vivent chaque percée comme un épisode difficile. Voici les signes directement liés à la poussée, et ceux qui sont souvent attribués aux dents à tort.
| Signes fréquents et fiables | Signes possibles mais non spécifiques | Signes qui ne sont PAS liés aux dents |
|---|---|---|
| Gencives gonflées, rouges, sensibles au toucher | Légère fièvre (< 38,5 °C) | Fièvre > 38,5 °C |
| Salivation abondante (bébé bave beaucoup) | Joues rouges (une ou les deux) | Diarrhées importantes ou vomissements |
| Besoin intense de mordiller, mâchouiller | Sommeil perturbé, réveils nocturnes | Convulsions |
| Irritabilité, pleurs inhabituels | Appétit diminué, refus de téter | Éruption cutanée étendue |
| Petite bulle bleutée sur la gencive (kyste d’éruption, bénin) | Bébé porte les mains aux oreilles ou se frotte le visage | Toux persistante, nez qui coule abondamment |
Le piège le plus courant est d’attribuer aux dents ce qui relève d’une infection. Les poussées dentaires surviennent entre 6 et 30 mois, exactement la période où les enfants enchaineront rhumes, otites et gastro-entérites. La coïncidence est fréquente, mais la corrélation n’est pas la causalité. Une fièvre au-delà de 38,5 °C, une diarrhée importante ou un nez qui coule abondamment méritent un regard médical, même si une dent est visiblement en train de percer.
Combien de temps dure une poussée dentaire
Chaque épisode de percée dure en moyenne 8 jours au total : environ 5 jours de montée (gencive qui gonfle, inconfort croissant) et 3 jours après l’apparition de la dent en surface. La douleur est maximale juste avant et au moment de la percée, puis s’atténue rapidement une fois la dent visible.
Avec 20 dents à faire sortir entre 6 mois et 3 ans, cela représente potentiellement 160 jours d’inconfort répartis sur cette période. En pratique, toutes les poussées ne sont pas douloureuses. Les incisives, plus tranchantes, percent généralement plus facilement que les molaires, plus larges, qui doivent forcer leur passage à travers une surface de gencive plus étendue.
| Dents | Âge habituel | Intensité de la poussée |
|---|---|---|
| Incisives centrales (bas puis haut) | 6 à 10 mois | Variable, souvent modérée |
| Incisives latérales | 8 à 12 mois | Généralement modérée |
| Premières molaires | 14 à 20 mois | Souvent plus douloureuse (surface large) |
| Canines | 18 à 24 mois | Variable, parfois vive |
| Deuxièmes molaires | 24 à 30 mois | Souvent la poussée la plus inconfortable |
Si votre bébé semble avoir mal pendant plus de 10 jours d’affilée sans qu’aucune dent n’apparaisse, il est préférable de consulter. La poussée dentaire seule ne provoque pas de douleur prolongée au-delà de cette durée. Un bébé qui pleure en dormant pendant plusieurs semaines, par exemple, a probablement une autre cause d’inconfort à explorer.
Comment soulager efficacement une poussée dentaire
Pas besoin d’un arsenal thérapeutique : les gestes les plus simples sont aussi les plus efficaces. Voici ce qui fonctionne, ce qui est inutile et ce qui est dangereux.
Ce qui fonctionne
L’anneau de dentition réfrigéré reste la référence. Choisissez un modèle homologué, en silicone ou caoutchouc, sans liquide à l’intérieur (risque de fuite si bébé le perce), et placez-le au réfrigérateur (jamais au congélateur, car le froid extrême brulerait les gencives). Le froid modéré a un effet anesthésiant local qui calme l’inflammation. Prévoyez-en deux pour en avoir toujours un propre et frais à disposition.
Le massage des gencives au doigt propre ou avec un linge humide et frais apporte un soulagement immédiat. La contre-pression exercée sur la gencive atténue la sensation de poussée. Certains parents utilisent un doigtier en silicone spécialement conçu pour cet usage, qui permet un massage plus précis.
Les aliments froids sont une bonne option si bébé a commencé la diversification alimentaire. Compotes réfrigérées, yaourts frais, bâtonnets de concombre bien froids (sous surveillance étroite pour éviter les fausses routes). L’idée est la même que pour l’anneau : le contact du froid sur la gencive apaise la douleur.
Le paracétamol (Doliprane, Efferalgan pédiatrique) peut être utilisé si la douleur est visiblement importante et que les méthodes non médicamenteuses ne suffisent pas. Respectez la posologie de 15 mg/kg toutes les 6 heures, sans dépasser 4 prises par jour. C’est le seul médicament antidouleur recommandé en première intention. Si vous hésitez, demandez conseil à votre médecin ou pharmacien.
Le réconfort et les câlins ne sont pas un détail. Un bébé qui a mal a besoin d’être rassuré. Le contact physique, le portage, la voix douce aident l’enfant à traverser l’épisode. Ce n’est pas le moment de s’inquiéter de « mauvaises habitudes » : un bébé qu’on réconforte pendant une douleur ne deviendra pas dépendant pour autant.
Ce qu’il faut éviter absolument
Les gels anesthésiants buccaux sont dangereux. En engourdissant la bouche, ils diminuent le réflexe de déglutition et peuvent provoquer des fausses routes lors des repas. Certains contiennent de la lidocaïne, dont le surdosage peut entrainer des effets cardiaques graves chez le nourrisson.
Les colliers d’ambre n’ont aucune efficacité prouvée et présentent un double risque : strangulation et inhalation de perles. L’Assurance Maladie et la plupart des sociétés de pédiatrie les déconseillent formellement.
L’aspirine est contre-indiquée chez l’enfant en raison du risque de syndrome de Reye, une maladie rare mais potentiellement fatale.
L’ibuprofène est déconseillé avant 6 mois et doit être évité en cas de suspicion d’infection bactérienne associée.
Percer la gencive pour « aider la dent à sortir » est un geste dangereux qui risque de blesser l’enfant et de provoquer une infection.
Les biscuits de dentition sont déconseillés : ils ne soulagent pas et leur teneur en sucre favorise les caries, y compris sur les dents de lait qui n’ont même pas encore percé.
Poussée dentaire et sommeil perturbé
C’est souvent la nuit que la poussée dentaire se fait le plus sentir. L’inflammation s’intensifie en position allongée (l’afflux sanguin vers la tête augmente), et bébé n’a plus la distraction des activités de la journée pour détourner son attention de la douleur. Résultat : des réveils plus fréquents, un endormissement difficile, parfois des pleurs au réveil qui inquiètent les parents.
Quelques ajustements peuvent aider. Proposez l’anneau de dentition réfrigéré juste avant le coucher. Si vous utilisez du paracétamol, donnez-le 30 minutes avant la mise au lit pour que l’effet soit actif au moment de l’endormissement. Surélevez très légèrement la tête du matelas (serviette roulée sous le matelas, jamais d’oreiller pour un bébé) afin de réduire la pression sanguine dans les gencives. Et surtout, gardez à l’esprit que cette phase est transitoire : en quelques jours, la dent aura percé et le sommeil reviendra à la normale.
Si les troubles du sommeil persistent bien au-delà de la percée dentaire, d’autres causes sont à envisager. Consultez nos articles sur les réveils nocturnes et la régression du sommeil à 4 mois pour des pistes complémentaires.
Poussée dentaire et alimentation
Un bébé en pleine poussée dentaire peut refuser de manger ou de téter. La succion et la mastication exercent une pression sur les gencives enflammées, ce qui peut être douloureux. Ce n’est pas un caprice : bébé a mal et associe temporairement la nourriture à l’inconfort.
Fractionnez les repas en proposant de plus petites quantités plus souvent. Privilégiez les textures lisses et fraiches (purées réfrigérées, compotes, yaourts) qui apaisent au passage. Si bébé est allaité, il peut vouloir téter plus souvent mais moins longtemps, ou au contraire refuser le sein. Dans les deux cas, restez souple et suivez son rythme. L’appétit revient toujours une fois la dent percée.
Veillez surtout à l’hydratation. Un bébé qui mange moins doit boire suffisamment, d’autant que la salivation abondante peut donner l’impression qu’il boit assez alors que ce n’est pas le cas. Proposez de l’eau régulièrement entre les repas si bébé a commencé la diversification.
Quand consulter
La poussée dentaire ne justifie pas en elle-même une consultation médicale. Mais certaines situations associées doivent vous alerter.
Consultez votre médecin si la température de bébé dépasse 38,5 °C, si la fièvre dure plus de 3 jours, s’il présente des diarrhées importantes ou des vomissements, s’il refuse de s’alimenter depuis plus de 24 heures, ou si son comportement change de façon marquée (apathie, somnolence, pleurs inconsolables).
Consultez également si la gencive saigne de façon inhabituelle, si vous observez un abcès ou un gonflement important du visage, ou si la douleur semble disproportionnée par rapport à ce que vous observez en bouche. Dans environ la moitié des cas, un autre problème médical survient en même temps que la poussée dentaire sans y être lié, selon l’Assurance Maladie. Le médecin examinera votre enfant pour faire la part des choses.
La salivation abondante : gérer les effets secondaires
La bave est l’un des signes les plus visibles de la poussée dentaire. Elle commence parfois bien avant la première dent (vers 2-3 mois) et s’intensifie à chaque épisode. Cette salivation excessive a un rôle protecteur : elle hydrate les gencives et a des propriétés antibactériennes. Mais elle a aussi des inconvénients pratiques.
L’humidité permanente sur le menton, le cou et le haut du torse peut provoquer des irritations cutanées, des rougeurs, voire un petit eczéma péribuccal. Pour limiter ces désagréments, essuyez régulièrement le visage de bébé avec un linge propre et doux (sans frotter). Appliquez une crème protectrice sur le menton et autour de la bouche avant les repas et le coucher. Changez le bavoir dès qu’il est trempé. Ces gestes simples évitent que la bave ne devienne un problème plus gênant que la poussée elle-même.
Questions fréquentes
Mon bébé de 3 mois bave beaucoup, est-ce les dents ?
Pas forcément. Vers 2-3 mois, les glandes salivaires de bébé se mettent à fonctionner à plein régime alors qu’il ne maitrise pas encore la déglutition. Il bave parce qu’il produit plus de salive qu’il ne peut en avaler. C’est un phénomène normal de maturation, indépendant des dents. La vraie poussée dentaire s’accompagne de gencives visiblement gonflées et d’un besoin de mordiller, pas seulement de bave. Chez la plupart des bébés, la première dent n’apparait pas avant 6 mois.
Les poussées dentaires peuvent-elles provoquer de la fièvre ?
La question fait débat dans la communauté médicale. Les études montrent qu’une légère élévation de température (inférieure à 38,5 °C) peut accompagner la poussée, liée à l’inflammation locale des gencives. En revanche, une vraie fièvre au-dessus de 38,5 °C n’est pas causée par les dents. Si votre bébé a une fièvre à 39 °C, même si une dent pointe, cherchez une autre cause : infection virale (roséole, rhume), otite, infection urinaire. Consulter est toujours la bonne décision en cas de doute.
Mon bébé n’a toujours pas de dent à 12 mois, dois-je m’inquiéter ?
Non. L’âge d’apparition de la première dent varie considérablement d’un enfant à l’autre. Certains bébés percent leur première dent à 4 mois, d’autres attendent 14 ou 15 mois. Ce décalage est le plus souvent héréditaire et n’a aucune signification sur le développement global de l’enfant. Un bébé sans dent à un an n’est pas en retard, il suit son propre rythme. Si aucune dent n’est apparue à 18 mois, un avis dentaire ou pédiatrique peut être envisagé pour vérifier que les germes dentaires sont bien présents, mais c’est rarement un problème.
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Journaliste de formation et père de quatre enfants, j’ai appris la parentalité comme beaucoup d’autres : en faisant, en me trompant parfois, et en ajustant au fil du quotidien.
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