Compléments alimentaires et grossesse : l’ANSES alerte sur les surdosages

Réponse directe : L’ANSES met en garde contre les compléments alimentaires pris pendant la grossesse. L’agence a recensé des cas graves chez des nouveau-nés, liés à un excès de vitamine D ou d’iode. Son message : ne jamais cumuler plusieurs sources de vitamines et minéraux sans avis d’un professionnel de santé.
En bref
  1. L’ANSES a recensé des cas d’hypercalcémie et d’hypothyroïdie chez des nouveau-nés.
  2. La vitamine D en excès et l’iode en trop grande quantité sont en cause.
  3. La recommandation est de ne pas prendre de compléments sans avis médical.

Temps de lecture : 4 min · Mis à jour : 15 juin 2026

Le réflexe semble anodin, mais les compléments alimentaires et la grossesse ne font pas toujours bon ménage. Pour bien faire, de nombreuses femmes enceintes multiplient vitamines et minéraux, souvent en libre accès. L’ANSES, l’agence nationale de sécurité sanitaire, vient pourtant de tirer la sonnette d’alarme. Elle a recensé plusieurs cas graves chez des nouveau-nés, directement liés à un excès de certains nutriments pris par la mère. La vitamine D et l’iode sont particulièrement concernés. Loin d’être inoffensifs, ces produits peuvent perturber le développement du bébé. Comprendre ce que dit l’ANSES sur les compléments alimentaires pendant la grossesse aide à faire des choix prudents et éclairés.

Compléments alimentaires et grossesse : ce que révèle l’ANSES

L’ANSES a analysé des signalements remontés par son dispositif de nutrivigilance. Elle a identifié cinq cas d’hypercalcémie néonatale, soit un excès de calcium dans le sang du nouveau-né, et deux cas d’hypothyroïdie congénitale. Tous étaient probablement liés à des compléments alimentaires consommés pendant la grossesse.

Ces situations, bien que rares, peuvent être graves pour le bébé. Elles montrent qu’un produit vendu sans ordonnance n’est pas pour autant anodin. Le cumul de plusieurs compléments, ou des dosages élevés, peut faire basculer un apport utile vers un excès dangereux.

La vitamine D et l’iode particulièrement visés

La vitamine D occupe une place centrale dans cette alerte. Chez certaines femmes présentant une sensibilité génétique, un apport élevé peut provoquer une hausse du calcium sanguin qui menace le bébé. L’iode est l’autre nutriment surveillé. Un excès pendant la grossesse augmente le risque de trouble de la thyroïde chez le nouveau-né, comme un goitre ou une hyperthyroïdie.

Ces deux exemples illustrent un principe simple : plus n’est pas mieux. Les besoins en vitamines et minéraux pendant la grossesse sont réels, mais ils restent encadrés. Les dépasser, en croyant bien faire, expose à des effets inverses de ceux recherchés.

Attention. L’ANSES déconseille de cumuler plusieurs compléments couvrant les mêmes vitamines ou minéraux. Lisez les étiquettes pour repérer les nutriments présents en double.

Les bons réflexes pendant la grossesse

La règle de base tient en une phrase : aucun complément alimentaire sans l’avis d’un professionnel de santé. Le médecin ou la sage-femme prescrit ce qui est réellement nécessaire, comme l’acide folique en début de grossesse, et adapte les doses à chaque situation. Une supplémentation justifiée passe par un suivi.

Par ailleurs, une alimentation variée couvre la plupart des besoins. Les compléments ne remplacent jamais une assiette équilibrée. En cas de doute sur une carence, un bilan sanguin oriente la décision bien mieux qu’un achat en pharmacie ou en ligne.

Bon à savoir. L’acide folique, recommandé avant et au début de la grossesse, est l’exception qui confirme la règle. Il est prescrit précisément pour prévenir certaines malformations, à une dose définie.

Couvrir ses besoins par l’alimentation

La plupart des besoins de la grossesse se comblent dans l’assiette. Le fer se trouve dans la viande, les légumes secs et les céréales complètes. Le calcium provient des produits laitiers, et les oméga 3 des poissons gras consommés avec modération. Une alimentation variée constitue la première des préventions.

Lorsqu’un doute existe sur une carence, le bon outil n’est pas l’achat d’un complément, mais un bilan prescrit par le médecin ou la sage-femme. Le suivi de grossesse permet d’ajuster précisément ce qui est nécessaire, sans risque de surdosage.

NutrimentRisque en cas d’excès
Vitamine DExcès de calcium dangereux pour le bébé
IodeTrouble de la thyroïde du nouveau-né
Cumul de complémentsDoublons et surdosages
Acide folique (prescrit)Bénéfique à la bonne dose

Ce qu’il faut retenir

  • L’ANSES a relié des cas graves chez des nouveau-nés à des compléments pris pendant la grossesse.
  • La vitamine D et l’iode en excès sont particulièrement à risque.
  • Aucun complément alimentaire ne devrait être pris sans avis d’un professionnel de santé.
  • Une alimentation variée couvre la plupart des besoins de la femme enceinte.

FAQ

Peut-on prendre des compléments alimentaires enceinte ?

Seulement sur avis d’un professionnel de santé. L’ANSES alerte sur les risques liés à l’automédication pendant la grossesse. Certains compléments, comme l’acide folique, sont prescrits à dose précise, mais le cumul de produits en vente libre peut être dangereux pour le bébé.

Pourquoi la vitamine D peut-elle être dangereuse pendant la grossesse ?

Chez les femmes présentant une sensibilité génétique, un excès de vitamine D peut provoquer une hausse du calcium sanguin du nouveau-né, potentiellement grave. L’ANSES a recensé plusieurs cas d’hypercalcémie néonatale liés à des compléments consommés pendant la grossesse.

Quels compléments éviter enceinte ?

Il faut éviter de cumuler plusieurs produits couvrant les mêmes vitamines ou minéraux, en particulier la vitamine D et l’iode. La meilleure démarche est de ne prendre aucun complément sans l’avis du médecin ou de la sage-femme.

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Olivier, fondateur d’avis-parents.com, journaliste de formation et papa de 4 enfants.

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