- Le jeu du foulard appartient aux jeux de non-oxygénation.
- Un arrêt cardiaque peut survenir en moins de deux minutes.
- Ces défis circulent surtout sur TikTok, Snapchat, YouTube et Instagram.
Temps de lecture : 4 min · Mis à jour : 29 juin 2026
Certains sujets, on préférerait ne jamais avoir à les aborder avec nos enfants. Le jeu du foulard en fait partie. Derrière ce nom anodin se cache une pratique d’asphyxie volontaire, parfois présentée comme un jeu ou un défi entre adolescents, et qui peut tuer en quelques minutes. Le sujet revient régulièrement, porté par des challenges qui circulent sur les réseaux sociaux. En parler n’a rien de morbide : c’est au contraire le meilleur moyen de protéger un ado en lui donnant les bons repères. Comprendre ce qu’est le jeu du foulard, mesurer ses dangers et savoir repérer les signes d’alerte permet d’ouvrir le dialogue avant qu’il ne soit trop tard.
Le jeu du foulard, un jeu de non-oxygénation
Les jeux dangereux se classent en trois familles : les jeux de non-oxygénation, les jeux d’agression et les jeux de défi. Le jeu du foulard appartient à la première catégorie. Il consiste à bloquer la respiration ou à comprimer le cou pour provoquer un manque d’oxygène au cerveau, ce que l’on appelle une hypoxie cérébrale, dans le but de ressentir des sensations particulières au moment où l’oxygène revient. Présenté comme un jeu, il repose en réalité sur un mécanisme physiologique extrêmement risqué. Or ce qui ressemble à une expérience anodine entre copains peut basculer en accident grave en quelques secondes, sans que l’adolescent ait le temps de réagir.
Pourquoi le jeu du foulard est si dangereux
Le danger du jeu du foulard tient à la rapidité avec laquelle le corps décroche. Le manque d’oxygène, l’hypoxie puis l’anoxie, ralentit le rythme cardiaque. Selon les données disponibles, un arrêt cardiaque peut survenir en moins de deux minutes. Au-delà de trois à cinq minutes sans réanimation, des séquelles neurologiques graves deviennent probables. L’adolescent qui pratique seul est particulièrement exposé, car personne ne peut intervenir s’il perd connaissance. C’est cette marge de temps minuscule entre le jeu et l’accident qui rend la pratique si redoutable. Contrairement à beaucoup de prises de risque adolescentes, celle-ci ne laisse aucune place à l’erreur ni au rattrapage de dernière minute.
Des défis dangereux qui circulent sur les réseaux
Ces pratiques ne sont pas nouvelles, mais elles se diffusent désormais via les réseaux sociaux sous forme de défis et de challenges. On les retrouve sur TikTok, Snapchat, YouTube ou Instagram, parfois habillées de noms anodins qui masquent le danger. Un adolescent peut tomber sur une vidéo, la prendre pour un simple jeu et vouloir l’imiter pour faire comme les autres. C’est pourquoi la veille parentale sur ces tendances a du sens : se tenir informé des défis qui circulent permet d’anticiper la discussion. Lorsqu’un défi vous semble douteux, parlez-en directement avec votre enfant plutôt que de feindre l’ignorance, car le silence laisse souvent le champ libre à la curiosité.
| Signe ou contexte | Ce que cela peut indiquer | Le bon réflexe |
|---|---|---|
| Marques rouges au cou | Compression récente | En parler sans dramatiser |
| Maux de tête répétés | Manque d’oxygène possible | Consulter si cela persiste |
| Yeux rouges, petites taches | Pétéchies par pression | Surveiller et dialoguer |
| Foulards, cordes inhabituels | Matériel possible | Aborder le sujet ouvertement |
| Défis vus sur les réseaux | Exposition aux challenges | Veille et discussion régulières |
En parler et savoir vers qui se tourner
La meilleure prévention reste le dialogue, tenu sans dramatiser mais sans minimiser. Expliquez à votre adolescent que ce n’est pas un jeu, mais une mise en danger réelle de son cerveau et de son cœur. Restez attentif aux signes décrits plus haut et n’hésitez pas à en discuter avec l’école, qui mène des actions de prévention sur ces pratiques. Si vous êtes inquiet ou démuni, des structures existent pour accompagner les familles, comme le numéro 3018 dédié aux jeunes et aux parents face aux risques en ligne. Globalement, un ado qui sait qu’il peut parler librement à ses parents est mieux armé pour résister à la pression d’un défi et à l’envie d’imiter ses pairs.
Ce qu’il faut retenir
- Le jeu du foulard est une asphyxie volontaire, pas un jeu.
- Un arrêt cardiaque peut survenir en moins de deux minutes.
- On surveille les marques au cou, les maux de tête et les yeux rouges.
- Le dialogue et la veille sur les défis en ligne sont la meilleure prévention.
FAQ
À quel âge en parler avec son enfant ?
Il n’y a pas d’âge idéal unique, mais ces pratiques peuvent concerner des enfants dès la fin du primaire et au collège. Selon l’association APEAS, une part importante des 6-15 ans déclare connaître ce type de jeux. Mieux vaut aborder le sujet tôt, avec des mots adaptés à l’âge, dès l’arrivée des écrans et des réseaux.
Quels sont les signes d’alerte chez un ado ?
Marques rouges autour du cou, maux de tête fréquents, yeux rouges ou petites taches sur le visage, présence inhabituelle de foulards, cordes ou ceintures, traces sur les meubles. Ces indices, surtout combinés, justifient une discussion immédiate et, si besoin, un avis médical.
Vers qui se tourner en cas d’inquiétude ?
Vous pouvez en parler à l’équipe éducative de l’établissement, qui mène des actions de prévention, et au médecin de votre enfant. Le 3018, dédié aux jeunes et aux familles face aux dangers numériques, peut aussi vous orienter et vous écouter si vous vous sentez démuni.
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Olivier, fondateur d’avis-parents.com, journaliste de formation et papa de 4 enfants.

Journaliste de formation et père de quatre enfants, j’ai appris la parentalité comme beaucoup d’autres : en faisant, en me trompant parfois, et en ajustant au fil du quotidien.
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