Congé enfant malade : 3 jours par an, ce que votre employeur ne peut pas refuser

Réponse directe : le congé enfant malade donne droit à 3 jours d’absence par an à tout salarié du privé, sans condition d’ancienneté, pour un enfant de moins de 16 ans. Ce plafond monte à 5 jours si l’enfant a moins d’un an ou si vous avez au moins trois enfants de moins de 16 ans. L’employeur ne peut pas le refuser sur présentation d’un certificat médical.

En bref

1. Le congé enfant malade est un droit inscrit à l’article L1225-61 du code du travail, accessible dès le premier jour de contrat.
2. Il n’est pas rémunéré, sauf convention collective plus favorable ou accord d’entreprise.
3. Un simple certificat médical suffit : aucune autorisation préalable de l’employeur n’est nécessaire.

Temps de lecture : 4 min · Mis à jour : 12 août 2026

Le congé enfant malade fait partie de ces droits que beaucoup de parents salariés découvrent le jour où la crèche appelle à 9h30 pour une fièvre à 39. Avec quatre enfants à la maison, j’ai eu l’occasion de le tester plus souvent qu’à mon tour, et j’ai surtout constaté une chose : peu de parents savent qu’il existe, et encore moins connaissent ses limites réelles. Trois jours par an, parfois cinq, sans salaire dans la plupart des cas, mais sans que votre employeur puisse s’y opposer. À trois semaines de la rentrée et des premières épidémies de crèche et d’école, voici précisément ce que dit la loi, ce que votre convention collective peut y ajouter, et comment poser ces jours sans tension avec votre employeur.

Congé enfant malade : ce que dit exactement le code du travail

L’article L1225-61 du code du travail est court, mais précis. Tout salarié a le droit de s’absenter pour s’occuper d’un enfant malade ou accidenté de moins de 16 ans dont il assume la charge. Aucune condition d’ancienneté n’est exigée : vous pouvez y recourir dès votre première semaine dans l’entreprise. Par ailleurs, le texte ne distingue pas CDI, CDD ou temps partiel. La seule pièce à fournir est un certificat médical constatant la maladie ou l’accident. Concrètement, le médecin qui examine votre enfant peut l’établir pendant la consultation, y compris en téléconsultation. L’employeur ne dispose d’aucun pouvoir d’appréciation : il ne peut ni refuser le congé, ni exiger que vous posiez un jour de RTT à la place.

Trois jours, cinq jours : qui a droit à quoi ?

La durée légale du congé enfant malade est de 3 jours par an et par salarié. Elle passe à 5 jours dans deux situations : si l’enfant concerné a moins d’un an, ou si vous assumez la charge d’au moins trois enfants de moins de 16 ans. Dans une famille nombreuse, ce détail change tout, car les virus circulent rarement chez un seul enfant à la fois. Attention toutefois : le compteur s’apprécie par salarié, pas par enfant. Trois enfants malades successivement puisent dans la même enveloppe annuelle. En revanche, chaque parent dispose de son propre droit. Ainsi, un couple de salariés peut se relayer et cumuler, de fait, 6 à 10 jours sur l’année.

Bon à savoir : en Alsace-Moselle, le droit local impose le maintien du salaire pendant une absence de courte durée pour garder un enfant malade, là où le reste du pays applique un congé non rémunéré par défaut.

Un congé sans salaire, sauf si votre convention dit mieux

C’est le point noir du dispositif : la loi ne prévoit aucune rémunération. Poser un congé enfant malade, c’est donc accepter une retenue sur salaire proportionnelle à l’absence. Cependant, de nombreuses conventions collectives font mieux que le code du travail. Certaines prévoient 2 à 6 jours rémunérés par an, parfois sous condition d’ancienneté ou d’âge de l’enfant. D’autres élargissent le droit aux enfants de plus de 16 ans en situation de handicap. Avant de sacrifier un jour de congé payé, prenez donc dix minutes pour vérifier votre convention collective : son nom figure sur votre bulletin de paie, et son texte intégral est consultable gratuitement sur Légifrance. Les accords d’entreprise, eux, se trouvent auprès de votre service RH ou de vos représentants du personnel.

Comment poser ces jours sans accroc

D’abord, prévenez votre employeur dès que possible, par le canal habituel de l’entreprise : appel au manager, message RH, outil de gestion des absences. Ensuite, transmettez le certificat médical rapidement, idéalement sous 48 heures, même si aucun délai légal n’est fixé. Enfin, gardez une trace écrite de l’envoi. Puisque le congé n’a pas à être accepté, une simple notification suffit, mais un écrit vous protège en cas de litige. Si votre employeur conteste malgré tout l’absence ou la sanctionne, contactez l’inspection du travail ou les services de renseignement en droit du travail de votre département, joignables au 0 806 000 126.

Attention : le congé enfant malade ne couvre pas la fermeture d’une classe ou d’une crèche. Sans certificat médical constatant une maladie, il ne s’applique pas : la solution passe alors par le télétravail, un congé payé ou un accord ponctuel avec l’employeur.

Et pour une maladie grave ou de longue durée ?

Trois jours ne suffisent évidemment pas face à une pathologie lourde. D’autres dispositifs prennent alors le relais. Le congé de présence parentale ouvre jusqu’à 310 jours d’absence sur trois ans pour un enfant gravement malade, handicapé ou accidenté. Il s’accompagne de l’allocation journalière de présence parentale (AJPP) versée par la CAF, qui compense partiellement la perte de revenu. Par ailleurs, le don de jours de repos entre collègues permet à un salarié de céder ses RTT à un parent dont l’enfant est gravement malade. Ces mécanismes obéissent à des règles propres : si vous êtes concerné, votre caisse d’allocations familiales et le service social de votre entreprise sont les premiers interlocuteurs à solliciter.

Ce qu’il faut retenir

• Le congé enfant malade offre 3 jours par an, ou 5 jours si l’enfant a moins d’un an ou si vous avez trois enfants de moins de 16 ans.
• Il est ouvert à tous les salariés, sans ancienneté minimale, sur simple certificat médical, et l’employeur ne peut pas le refuser.
• Il n’est pas payé par défaut : vérifiez votre convention collective, souvent plus généreuse que la loi.
• Pour les maladies graves, le congé de présence parentale et l’AJPP prennent le relais.

FAQ

Le congé enfant malade est-il rémunéré ?

Non, pas au titre de la loi : l’absence entraîne une retenue sur salaire. Toutefois, de nombreuses conventions collectives prévoient le maintien du salaire pour quelques jours par an, et le droit local d’Alsace-Moselle impose une rémunération. Vérifiez le texte applicable à votre entreprise avant de poser autre chose.

Mon employeur peut-il refuser un congé enfant malade ?

Non. Dès lors que vous présentez un certificat médical et que votre enfant a moins de 16 ans, l’absence est de droit. Un refus ou une sanction serait contestable devant le conseil de prud’hommes, et l’inspection du travail peut être saisie en amont.

Les deux parents peuvent-ils prendre le congé pour le même enfant ?

Oui. Le droit s’apprécie par salarié et non par foyer. Chaque parent dispose de ses 3 à 5 jours annuels, ce qui permet de se relayer au chevet du même enfant, y compris sur des jours consécutifs.

Faut-il un certificat médical pour chaque absence ?

Oui, chaque jour d’absence doit être justifié par un certificat constatant la maladie ou l’accident de l’enfant. Une téléconsultation peut suffire pour l’obtenir. Sans ce document, l’absence n’est pas protégée par l’article L1225-61.

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Olivier, fondateur d’avis-parents.com, journaliste de formation et papa de 4 enfants.

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