Temps de lecture : 8 min | Mis à jour : février 2026
Le sevrage de l’allaitement est une étape naturelle, inévitable et parfois chargée d’émotions. Que vous allaitiez depuis quelques semaines ou plus d’un an, la question finit toujours par se poser : quand arrêter, et surtout comment s’y prendre pour que la transition se passe bien ? Le sevrage allaitement n’a pas de date idéale gravée dans le marbre. Ce qui compte, c’est de le vivre à votre rythme, en écoutant votre corps et les signaux de votre enfant.
Ce guide rassemble les recommandations des autorités de santé (OMS, Ameli.fr, mpedia.fr) et des conseils concrets pour vous accompagner dans cette étape, qu’il s’agisse d’un sevrage total ou partiel.
Quand commencer le sevrage de l’allaitement
Il n’existe pas de moment universel pour sevrer un bébé. L’Organisation mondiale de la santé recommande l’allaitement exclusif pendant les 6 premiers mois, puis la poursuite de l’allaitement en complément d’une alimentation diversifiée jusqu’à 2 ans ou au-delà. Ces repères ne sont pas des obligations : ils indiquent une durée optimale pour la santé du nourrisson, pas une norme à atteindre absolument.
En France, environ 34 % des mères allaitent encore exclusivement à 2 mois. La reprise du travail, la fatigue, un choix personnel, une nouvelle grossesse ou simplement l’envie de passer à autre chose : les raisons de sevrer sont aussi variées que les parcours de chaque famille. L’essentiel est de se sentir en accord avec sa décision et d’être soutenue dans cette transition.
Bon à savoir
Lorsque la mère laisse l’enfant se sevrer à son rythme (sevrage naturel), l’arrêt complet de l’allaitement survient généralement entre 2 et 4 ans. Le sevrage naturel est un processus où l’enfant se désintéresse progressivement du sein en découvrant de nouveaux aliments et de nouvelles activités.
Sevrage total ou partiel : quelle différence
Le sevrage peut prendre deux formes, selon votre situation et vos envies.
Le sevrage total
Vous supprimez progressivement toutes les tétées au sein et les remplacez par du lait infantile (avant 12 mois) ou du lait de vache entier (après 9 à 12 mois, si l’alimentation est suffisamment diversifiée). La production de lait diminue naturellement au fil des suppressions, puis se tarit. Ce processus prend généralement 3 à 4 semaines quand il est conduit graduellement.
Le sevrage partiel (allaitement mixte)
Vous conservez certaines tétées (typiquement celle du matin et celle du soir) et remplacez les autres par un biberon ou des aliments solides selon l’âge de votre enfant. C’est une solution particulièrement adaptée aux mamans qui reprennent le travail tout en souhaitant maintenir un lien d’allaitement. Comme le précise le site allaitement maternel, le lait produit continue de s’adapter aux besoins de votre bébé, même en quantité réduite.
Comment sevrer son bébé progressivement
Le sevrage progressif est la méthode recommandée par toutes les autorités de santé. Il évite l’engorgement mammaire, réduit le risque de mastite et permet à votre bébé de s’adapter en douceur à un nouveau mode d’alimentation.
Voici les étapes concrètes, inspirées des recommandations de mpedia.fr et du programme 1000 premiers jours :
1. Supprimez une tétée à la fois. Commencez par celle qui est la moins importante pour votre bébé, souvent la tétée de début d’après-midi. Remplacez-la par un biberon de lait infantile adapté à son âge ou, s’il a déjà commencé la diversification, par un repas solide suivi d’un complément au biberon.
2. Attendez 3 à 4 jours avant de supprimer la suivante. Ce délai laisse à vos seins le temps de s’adapter : la tension diminue, la production se régule. C’est aussi un repère pour votre bébé, qui intègre le changement pas à pas.
3. Évitez de supprimer deux tétées consécutives. Par exemple, si vous supprimez celle de midi, ne supprimez pas celle de 16h dans la foulée. Alternez les moments de la journée pour que votre corps réduise sa production de manière homogène.
4. Gardez les tétées du matin et du soir pour la fin. Ce sont généralement les plus précieuses pour votre enfant, celles où le lien affectif est le plus fort. Beaucoup de mamans choisissent d’ailleurs de les conserver longtemps, y compris après la reprise du travail.
5. Impliquez votre partenaire. Pour les premiers biberons, confiez-les si possible au papa ou à un proche. Votre bébé sent l’odeur de votre lait lorsqu’il est dans vos bras et cherchera naturellement le sein. Un changement de personne ou de pièce facilite la transition.
Attention
Ne sevrez pas votre bébé quand il est malade. S’il a un rhume, une poussée dentaire ou une otite, il a besoin du réconfort du sein et des anticorps du lait maternel. Attendez qu’il aille mieux pour reprendre le sevrage.
Quel lait après le sevrage
Le choix du lait de remplacement dépend de l’âge de votre enfant au moment du sevrage :
Avant 6 mois : lait infantile 1er âge exclusivement. Demandez conseil à votre pédiatre pour choisir la formule adaptée. Si votre bébé refuse le biberon, testez différentes tétines ou essayez un gobelet à bec souple.
Entre 6 et 12 mois : lait infantile 2e âge en complément de l’alimentation diversifiée. Le lait (maternel ou infantile) reste l’aliment principal jusqu’à 12 mois, avec un objectif de 500 à 800 ml par jour.
Après 12 mois : le lait de vache entier (3,25 % de matières grasses) peut être introduit si l’alimentation est suffisamment variée. Le lait de croissance est une alternative possible mais pas indispensable. Votre pédiatre peut vous guider selon le profil alimentaire de votre enfant.
Gérer l’engorgement et l’inconfort pendant le sevrage
Même avec un sevrage progressif, vos seins peuvent être tendus ou douloureux après la suppression d’une tétée. C’est normal : votre corps a besoin de quelques jours pour ajuster sa production.
Quelques gestes simples peuvent soulager cet inconfort : exprimer une petite quantité de lait manuellement ou à l’aide d’un tire-lait (juste assez pour soulager la pression, sans vider complètement le sein), appliquer des compresses froides sur les seins entre les tétées, et porter un soutien-gorge de maintien confortable. Selon Ameli.fr, aucun traitement médicamenteux n’est nécessaire pour arrêter la lactation lors d’un sevrage progressif.
En revanche, si une douleur vive, une zone rouge et chaude ou de la fièvre apparaissent, consultez rapidement votre médecin ou votre sage-femme : ces signes peuvent indiquer un canal bouché ou une mastite, qui nécessitent une prise en charge spécifique.
Sevrage allaitement et émotions : ce que personne ne vous dit
Le sevrage n’est pas qu’une question de logistique alimentaire. C’est aussi la fin d’un moment intime et unique avec votre bébé. Ressentir de la tristesse, de la nostalgie ou même une forme de deuil est tout à fait courant, y compris lorsque le sevrage est choisi et souhaité.
La baisse de prolactine (l’hormone de l’allaitement) peut aussi provoquer des fluctuations d’humeur temporaires. Ces sensations s’atténuent généralement en quelques jours à quelques semaines. Si un sentiment de tristesse intense persiste, n’hésitez pas à en parler à votre médecin.
En parallèle, maintenir beaucoup de contact physique avec votre bébé pendant cette période (câlins, peau à peau, portage) l’aide à conserver ce sentiment de sécurité et de proximité que l’allaitement lui apportait.
Reprise du travail et sevrage : vos droits
La reprise du travail est l’une des principales raisons de sevrage en France. Pourtant, reprendre son activité ne signifie pas forcément arrêter complètement d’allaiter. Le Code du travail (article L1225-30) prévoit une heure par jour, répartie en deux périodes de 30 minutes, pour allaiter ou tirer son lait pendant la première année de l’enfant.
Un sevrage partiel est donc tout à fait envisageable : tétées matin et soir à la maison, biberons en journée avec la nounou ou à la crèche. Le week-end, vous pouvez proposer le sein plus souvent pour maintenir la lactation. Cette organisation demande un peu d’anticipation (commencez à introduire le biberon au moins 2 semaines avant la reprise), mais elle permet de prolonger l’allaitement aussi longtemps que vous le souhaitez.
Grève de la tétée : ne pas confondre avec le sevrage
Votre bébé refuse soudainement le sein ? Avant de penser au sevrage, envisagez une grève de la tétée. Ce refus temporaire peut survenir à tout moment de l’allaitement et a souvent une cause identifiable : rhume avec nez bouché, poussée dentaire, otite, muguet, changement de savon ou de déodorant de la mère, ou encore un contexte familial agité (déménagement, tensions).
Contrairement au sevrage naturel qui est progressif, la grève de la tétée est brutale. Elle se résout généralement en quelques jours si vous continuez à proposer le sein dans le calme, réduisez les distractions et multipliez les moments de peau à peau. Si le refus persiste au-delà de 3 jours, consultez votre médecin pour écarter une cause médicale.
Ce qu’il faut retenir
Le sevrage de l’allaitement est un processus qui vous appartient entièrement. Personne d’autre que vous ne peut décider du bon moment. Qu’il se fasse à 3 mois, à 6 mois, à 1 an ou plus tard, votre décision mérite d’être respectée et accompagnée.
Retenez trois principes : y aller graduellement (une tétée à la fois), écouter les signaux de votre corps et ceux de votre bébé, et maintenir la proximité physique pour que cette transition reste un moment d’amour plutôt qu’une rupture. Si vous avez le moindre doute, votre sage-femme, votre médecin ou une conseillère en lactation sont là pour vous guider.
FAQ
Combien de temps dure un sevrage complet
Un sevrage progressif prend en général 3 à 4 semaines. La durée dépend du nombre de tétées quotidiennes et du rythme auquel vous les supprimez. Plus vous prenez votre temps, plus la transition est confortable pour vos seins et pour votre bébé.
Sevrage allaitement ou sevrage naturel : lequel choisir
Le sevrage planifié (initié par la mère) convient quand une échéance se profile (reprise du travail, grossesse, choix personnel). Le sevrage naturel (initié par l’enfant) survient spontanément, souvent entre 2 et 4 ans. Les deux approches sont parfaitement valides. L’important est que la décision vous convienne.
Peut-on revenir à l’allaitement après un sevrage
Oui, c’est possible. On parle de relactation. Le processus demande de la patience et un accompagnement (sage-femme ou conseillère en lactation), car la production de lait doit être restimulée par des mises au sein fréquentes ou l’utilisation d’un tire-lait. Selon l’OMS, la plupart des femmes motivées peuvent relacter avec un soutien adapté.
Sources
- Ameli.fr, Les premiers mois de votre bébé : du lait uniquement
- 1000-premiers-jours.fr, Allaitement : le sevrage de bébé
- mpedia.fr (AFPA), Allaitement, comment arrêter et sevrer bébé
- OMS, Allaitement
Dernière vérification : février 2026
Cet article s’appuie sur les recommandations officielles des autorités de santé. Il ne remplace pas un avis médical. En cas de doute, consultez votre médecin ou pédiatre.
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Journaliste de formation et père de quatre enfants, j’ai appris la parentalité comme beaucoup d’autres : en faisant, en me trompant parfois, et en ajustant au fil du quotidien.
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