Terrible Two : comprendre la phase d’opposition

Le « Terrible Two » désigne la phase d’opposition que traversent la plupart des enfants entre 18 mois et 3 ans. Ce n’est ni un caprice ni un problème de comportement : c’est une étape normale du développement, liée à l’émergence de l’autonomie et de la conscience de soi.

En bref

1. Vers 2 ans, l’enfant découvre qu’il est une personne distincte de ses parents. Le « non », les colères et l’opposition sont sa manière d’affirmer cette individualité naissante.

2. Cette phase est temporaire. Elle dure en général de quelques mois à un an, avec un pic autour de 2 ans, puis s’atténue progressivement vers 3-4 ans.

3. La meilleure réponse est un cadre ferme et bienveillant : poser des limites claires tout en accueillant les émotions de l’enfant, sans céder systématiquement ni punir les crises.

Temps de lecture : 7 min | Mis à jour : février 2026

Qu’est-ce que le Terrible Two ?

Le terme « Terrible Two », emprunté à l’anglais, désigne cette période où l’enfant, jusque-là relativement docile, commence à dire « non » à tout, à piquer des colères spectaculaires, à refuser de s’habiller, de manger ou de quitter le parc. Cette phase d’opposition débute généralement autour de 18 mois et atteint son intensité maximale vers 2 ans.

Ce qui se joue derrière ces crises est fondamental : l’enfant prend conscience qu’il est un individu séparé de ses parents, avec ses propres désirs et sa propre volonté. Le « non » est sa première affirmation de soi. Aussi épuisant que cela soit pour les parents, c’est un signe de développement sain.

Pourquoi les crises sont-elles si intenses ?

Le cerveau d’un enfant de 2 ans est encore très immature sur le plan émotionnel. Le cortex préfrontal, la région du cerveau responsable de la régulation des émotions, de la prise de décision et du contrôle des impulsions, ne sera pleinement fonctionnel que bien plus tard (vers 25 ans, en réalité). À 2 ans, l’enfant ressent des émotions intenses (frustration, colère, déception) mais ne dispose pas encore des outils cérébraux pour les réguler.

Résultat : une contrariété qui paraît minime à un adulte (un biscuit cassé, la mauvaise couleur de verre) peut déclencher une tempête émotionnelle. L’enfant ne fait pas exprès, il ne manipule pas : il est véritablement submergé par une émotion qu’il ne sait pas encore gérer.

Bon à savoir

Les neurosciences confirment que l’enfant de 2 ans ne fait pas de « caprice » au sens où on l’entend généralement. Son cerveau ne lui permet tout simplement pas de gérer la frustration de la même manière qu’un adulte. Cette immaturité est normale et nécessaire : c’est en vivant ces émotions, avec l’aide de l’adulte, que l’enfant apprend progressivement à les réguler.

Comment réagir aux crises du Terrible Two

Pendant la crise

Restez calme (plus facile à dire qu’à faire, mais essentiel). Votre calme est le signal que la situation n’est pas dangereuse. Mettez-vous à sa hauteur, parlez d’une voix posée, nommez ce qu’il ressent (« Tu es en colère parce que tu voulais rester au parc »). Ne cherchez pas à raisonner pendant la tempête : il n’est pas en état de recevoir des explications. Attendez que l’intensité redescende avant de dialoguer.

Poser un cadre clair

L’enfant a besoin de limites pour se sentir en sécurité. Définissez quelques règles non négociables (sécurité, respect d’autrui) et tenez-les avec constance. En revanche, offrez-lui des choix dans les situations où c’est possible (« Tu veux le pantalon bleu ou le rouge ? » plutôt que « Habille-toi »). Les choix limités lui donnent un sentiment de contrôle sans compromettre le cadre.

Ce qu’il vaut mieux éviter

Punir les émotions (« Arrête de pleurer ») ne les fait pas disparaître, mais apprend à l’enfant à les refouler. Céder systématiquement aux crises envoie le message que l’opposition fonctionne toujours. Comparer avec d’autres enfants (« Regarde, lui il ne pleure pas ») est humiliant et inefficace. L’objectif est un équilibre : accueillir l’émotion tout en maintenant la limite.

Terrible Two : combien de temps ça dure ?

La phase d’opposition commence généralement entre 18 et 24 mois, atteint un pic vers 2 ans, puis s’atténue progressivement entre 3 et 4 ans, à mesure que l’enfant développe son langage (qui lui permet d’exprimer ses besoins autrement que par la crise) et ses capacités de régulation émotionnelle.

Certains enfants traversent cette phase de manière intense et bruyante, d’autres de façon plus discrète. L’intensité dépend du tempérament de l’enfant, de son environnement et de la réponse des adultes qui l’entourent.

Attention

Si les crises sont très fréquentes (plusieurs par jour), très longues (plus de 30 minutes), accompagnées d’auto-agression (se frapper la tête) ou si elles ne s’atténuent pas du tout après 4 ans, parlez-en à votre pédiatre. Des difficultés d’expression, des troubles sensoriels ou un environnement familial sous tension peuvent amplifier l’opposition.

Ce qu’il faut retenir

Le Terrible Two est une étape développementale normale et nécessaire. Votre enfant ne vous teste pas pour le plaisir : il construit sa personnalité, affirme son individualité et apprend, à travers vos réactions, à gérer ses émotions. Un cadre ferme, de la patience, de l’empathie et du recul : voilà ce qui l’aidera le mieux à traverser cette période.

FAQ

Terrible Two vs caprice : quelle différence ?

Le « caprice » suppose une manipulation délibérée, or un enfant de 2 ans n’a pas la maturité cérébrale pour manipuler. Ses crises sont l’expression d’une frustration réelle qu’il ne sait pas encore gérer autrement. Le terme « caprice » minimise la réalité émotionnelle de l’enfant.

La phase d’opposition existe-t-elle chez tous les enfants ?

Oui, à des degrés variables. Certains enfants passent par une phase d’opposition très marquée, d’autres de manière plus douce. Le tempérament, l’environnement familial et le développement du langage (un enfant qui s’exprime tôt a parfois moins besoin de passer par la crise) influencent l’intensité.

Faut-il ignorer les crises du Terrible Two ?

Ignorer complètement une crise peut donner à l’enfant le sentiment de ne pas être entendu. L’approche recommandée est de rester présent sans céder : accompagner l’émotion (« Je vois que tu es très en colère ») tout en maintenant la limite (« Mais on ne tape pas »). Cela prend du temps, mais c’est ce qui construit sa capacité à réguler ses émotions.

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