5ème maladie enfant : symptômes, contagion et traitement

Pour les parents pressés

La 5ème maladie enfant (ou mégalérythème épidémique) est une infection virale bénigne causée par le parvovirus B19. Elle touche surtout les enfants de 5 à 15 ans et se reconnaît à ses joues très rouges, comme « giflées », suivies d’une éruption en dentelle sur le corps. L’enfant est contagieux avant l’apparition de l’éruption, mais plus du tout une fois les rougeurs visibles. Il n’existe ni traitement spécifique ni vaccin : la maladie guérit seule en 1 à 3 semaines. Seul point de vigilance : la grossesse, où une surveillance médicale est recommandée en cas de contact avec le virus.

Votre enfant rentre de l’école avec les joues écarlates, comme s’il avait reçu une paire de gifles ? Quelques jours plus tard, des plaques rouges en forme de dentelle apparaissent sur ses bras et ses cuisses ? Il y a de fortes chances qu’il s’agisse de la 5ème maladie enfant, aussi appelée mégalérythème épidémique ou « syndrome des joues giflées ». Derrière ce nom un peu intimidant se cache une infection virale très courante, bénigne dans la grande majorité des cas et qui guérit spontanément. Cet article vous aide à la reconnaître, à comprendre son évolution et à accompagner votre enfant sereinement.

Qu’est-ce que la 5ème maladie chez l’enfant ?

La 5ème maladie, ou mégalérythème épidémique, est une infection virale provoquée par le parvovirus humain B19. Ce virus strictement humain cible les cellules de la moelle osseuse qui produisent les globules rouges, provoquant une interruption temporaire et généralement sans conséquence de leur fabrication.

Elle est appelée « cinquième maladie » car elle occupe la 5ᵉ position dans la liste historique des infections provoquant une éruption cutanée chez l’enfant, après la rougeole, la scarlatine, la rubéole et le syndrome de la peau ébouillantée. La 6ᵉ maladie est la roséole.

La 5ème maladie touche principalement les enfants de 5 à 15 ans, avec un pic entre 5 et 7 ans. Elle survient surtout au printemps, par petites épidémies scolaires ou familiales. Environ 60 à 70 % des adultes possèdent des anticorps contre ce virus, signe qu’ils l’ont rencontré durant l’enfance, souvent sans le savoir.

Depuis mai 2023, la France connaît une recrudescence des infections à parvovirus B19, un phénomène observé dans plusieurs pays européens et probablement lié à la baisse d’exposition aux virus courants pendant la période Covid-19.

Symptômes de la 5ème maladie enfant : comment la reconnaître ?

La 5ème maladie se déroule en deux phases bien distinctes, après une période d’incubation de 4 à 21 jours pendant laquelle l’enfant ne présente aucun signe.

Phase 1 : des symptômes grippaux discrets

Les premiers signes sont peu spécifiques et ressemblent à un simple rhume ou une petite grippe : fièvre légère à modérée, nez qui coule, toux sèche, maux de tête, fatigue et parfois des douleurs musculaires. Beaucoup de parents ne remarquent même pas cette phase, qui passe souvent pour un banal refroidissement.

C’est pourtant durant cette phase que l’enfant est le plus contagieux. Une fois l’éruption apparue, la contagiosité a pratiquement disparu.

Phase 2 : les « joues giflées » et l’éruption en dentelle

Sept à dix jours après les premiers symptômes, l’éruption caractéristique apparaît. C’est elle qui permet de poser le diagnostic.

Les joues deviennent très rouges, avec un aspect boursouflé et un halo pâle autour de la rougeur, comme si l’enfant avait reçu une gifle de chaque côté. C’est de là que vient le surnom de « syndrome des joues giflées ». La gorge est souvent rouge également. Cette éruption du visage dure 4 à 5 jours.

Puis, de manière inconstante, des plaques rouges en forme de dentelle ou de guirlande apparaissent sur le corps, principalement sur les bras, les cuisses et les fesses. Ces plaques provoquent des démangeaisons dans environ 15 % des cas. Elles peuvent fluctuer pendant plusieurs semaines, réactivées par le soleil, l’exercice physique, un bain chaud ou le stress.

Les formes discrètes ou sans éruption

Point important : de nombreux enfants contractent le parvovirus B19 sans développer d’éruption visible, ou avec des symptômes si légers qu’ils passent totalement inaperçus. Ces formes asymptomatiques confèrent la même immunité durable que les formes classiques.

Comment se transmet la 5ème maladie ?

Le parvovirus B19 se transmet par voie respiratoire, via les gouttelettes projetées lorsqu’une personne infectée tousse, éternue ou postillonne. La contamination peut aussi se faire par contact avec des objets souillés (jouets, couverts, poignées de porte) ou par les mains portées au visage.

La particularité de cette maladie est que l’enfant est contagieux uniquement pendant la phase grippale, c’est-à-dire avant l’apparition de l’éruption cutanée. Une fois les joues rouges visibles, l’enfant n’est plus contagieux. C’est ce qui rend la prévention particulièrement difficile : on ne sait pas que l’enfant est malade au moment où il transmet le virus.

La transmission par voie sanguine (transfusion) est également possible mais concerne des situations médicales spécifiques.

Combien de temps dure la 5ème maladie ?

L’ensemble de la maladie se déroule sur plusieurs semaines si l’on compte l’incubation, mais les symptômes visibles restent limités dans le temps.

PhaseDurée indicative
Incubation (sans symptômes)4 à 21 jours
Symptômes grippaux (phase contagieuse)3 à 7 jours
Éruption des joues4 à 5 jours
Éruption en dentelle (corps)1 à 3 semaines (fluctuante)
Guérison complète5 à 10 jours après l’éruption

Ces durées sont données à titre indicatif. L’éruption en dentelle peut parfois réapparaître de façon intermittente pendant plusieurs semaines, sans que cela ne soit le signe d’une complication.

5ème maladie enfant : quel traitement ?

Il n’existe pas de traitement spécifique contre le parvovirus B19. La maladie étant virale, les antibiotiques sont totalement inutiles. Le traitement est uniquement symptomatique, visant à améliorer le confort de l’enfant.

Le médecin peut prescrire du paracétamol pour soulager la fièvre et les éventuels maux de tête, à une posologie adaptée au poids de l’enfant. En cas de démangeaisons liées à l’éruption (environ 15 % des cas), un antihistaminique peut être prescrit pour calmer l’inconfort.

L’ibuprofène peut être envisagé pour les douleurs articulaires (plus fréquentes chez l’adolescent et l’adulte), mais uniquement sur avis médical et pour une durée courte. L’aspirine ne doit pas être donnée à l’enfant sans prescription.

Dans la très grande majorité des cas, la 5ème maladie enfant guérit spontanément, sans séquelles, et l’enfant est ensuite immunisé à vie contre ce virus.

Comment soulager votre enfant à la maison

En attendant que le virus passe, quelques gestes simples peuvent aider votre enfant à se sentir mieux :

Proposez-lui régulièrement à boire, même s’il ne le demande pas. La fièvre, même légère, augmente les besoins en liquides. Maintenez sa chambre entre 18 et 20 °C et ne le couvrez pas trop. Privilégiez le repos sans l’imposer : votre enfant adaptera naturellement son niveau d’activité.

Si l’éruption en dentelle persiste ou réapparaît, évitez les facteurs qui peuvent la réactiver : exposition prolongée au soleil, bain trop chaud, activité physique intense. L’éruption elle-même ne nécessite aucun soin local : pas de crème, pas de pommade. Elle disparaîtra d’elle-même.

5ème maladie et école : pas d’éviction obligatoire

Contrairement à la scarlatine, la 5ème maladie ne fait pas l’objet d’une mesure d’éviction scolaire. En effet, au moment où l’éruption apparaît (et où le diagnostic est posé), l’enfant n’est déjà plus contagieux.

L’isolement de l’enfant est donc peu utile pour limiter la propagation. En revanche, il est recommandé de prévenir l’école et l’entourage afin que les personnes à risque (femmes enceintes, enfants atteints de maladies du sang, personnes immunodéprimées) puissent prendre des précautions.

Si votre enfant se sent fatigué ou fiévreux pendant la phase grippale, gardez-le au repos à la maison par bon sens, même en l’absence d’obligation réglementaire.

5ème maladie ou autre éruption : comment faire la différence ?

Plusieurs maladies infantiles provoquent de la fièvre et une éruption cutanée. Le signe distinctif de la 5ème maladie est l’aspect « joues giflées », très reconnaissable, suivi de l’éruption en dentelle sur le corps.

MaladieSigne distinctifAspect de l’éruption
5ème maladieJoues rouges « giflées »Plaques en dentelle sur le corps
RoséoleÉruption après la chute de fièvreTaches rosées plates sur le tronc
ScarlatineAngine + éruption pendant la fièvrePeau rouge rugueuse (papier de verre)
RougeoleToux, nez qui coule, conjonctiviteTaches rouges denses débutant au visage
VaricelleVésicules très prurigineusesPetites cloques sur tout le corps

Ce tableau est donné à titre indicatif. En cas de doute, seul votre médecin ou pédiatre peut poser un diagnostic fiable en examinant votre enfant.

Quand consulter un médecin ?

Dans la grande majorité des cas, la 5ème maladie enfant guérit sans complication. Cependant, certaines situations justifient de consulter rapidement :

Les symptômes sont importants et vous inquiètent : forte fièvre, grande fatigue, enfant somnolent et inhabituellement apathique. Votre enfant a moins de 2 ans et présente des signes d’infection. Votre enfant est atteint d’une maladie chronique des globules rouges (drépanocytose, thalassémie) ou d’un déficit immunitaire. Vous observez des signes de pâleur intense, essoufflement ou fatigue extrême pouvant évoquer une anémie.

En dehors de ces situations particulières, une consultation de routine suffit si vous souhaitez confirmer le diagnostic. Le plus souvent, le médecin reconnaît la maladie cliniquement, sans examen complémentaire.

5ème maladie et grossesse : un point de vigilance

C’est le principal point d’attention autour de cette maladie. Contrairement à la roséole ou à la scarlatine, le parvovirus B19 peut avoir des conséquences sur le fœtus lorsqu’une femme enceinte non immunisée contracte l’infection.

Le virus peut traverser le placenta et provoquer, dans de rares cas, une anémie fœtale sévère pouvant entraîner un œdème généralisé (anasarque fœtoplacentaire). Le risque de complications fœtales est estimé entre 1 et 5 % des infections survenant pendant la grossesse, principalement au cours du deuxième trimestre.

Si vous êtes enceinte et que vous avez été en contact avec une personne atteinte de la 5ème maladie, consultez immédiatement votre médecin ou votre sage-femme. Une prise de sang permettra de vérifier si vous êtes déjà immunisée (présence d’anticorps IgG protecteurs) ou si une surveillance rapprochée est nécessaire. La majorité des femmes adultes sont déjà immunisées sans le savoir.

Les complications : rares mais à connaître

Chez l’enfant en bonne santé, les complications de la 5ème maladie sont exceptionnelles. La maladie guérit spontanément et confère une immunité définitive.

Les situations à risque concernent des profils spécifiques. Les enfants atteints d’une anémie hémolytique chronique (drépanocytose, sphérocytose, thalassémie) peuvent développer une crise d’anémie aiguë, car le virus interrompt temporairement la production de globules rouges. Chez les enfants immunodéprimés, l’infection peut se prolonger et provoquer une anémie sévère nécessitant une prise en charge spécialisée.

Chez l’adolescent et l’adulte, des douleurs articulaires (mains, poignets, genoux) sont fréquentes et disparaissent généralement en quelques semaines.

Ces complications sont mentionnées ici par souci de transparence. Pour un enfant en bonne santé, la 5ème maladie reste une infection tout à fait bénigne.

Prévenir la 5ème maladie : les bons réflexes

Il n’existe pas de vaccin contre le parvovirus B19. L’immunité s’acquiert naturellement après l’infection. La prévention repose sur les mesures d’hygiène classiques : lavage fréquent des mains à l’eau et au savon, utilisation de mouchoirs à usage unique, nettoyage des surfaces et jouets en contact fréquent avec les enfants.

Le principal obstacle à la prévention est que l’enfant est contagieux avant l’apparition de l’éruption, au moment où personne ne sait encore qu’il est malade. En pratique, limiter totalement la propagation est donc très difficile, surtout en milieu scolaire.

En revanche, dès qu’un cas est identifié, il est essentiel de prévenir l’entourage, et en particulier les femmes enceintes, les personnes immunodéprimées et les enfants atteints de maladies du sang, afin qu’ils puissent consulter et se protéger.

Ce qu’il faut retenir

La 5ème maladie enfant fait partie des infections virales classiques de l’enfance. Son aspect spectaculaire, les fameuses joues rouges « giflées »,contraste avec sa bénignité chez l’enfant en bonne santé. Pas de traitement spécifique, pas d’éviction scolaire, pas de séquelles : la maladie guérit seule et confère une immunité durable.

Le seul point de vigilance concerne les femmes enceintes et les enfants porteurs de maladies du sang, pour lesquels une surveillance médicale est recommandée en cas de contact avec le virus. Pour tous les autres, les joues rouges de votre enfant sont surtout le signe que le plus dur est déjà passé.

Pour des informations médicales complètes, vous pouvez consulter la fiche d’Ameli.fr sur la cinquième maladie.

Questions fréquentes sur la 5ème maladie chez l’enfant

La 5ème maladie est-elle dangereuse pour un enfant ?

Non, chez un enfant en bonne santé, la 5ème maladie est bénigne et guérit spontanément. Les complications sont exceptionnelles et concernent essentiellement les enfants atteints de maladies chroniques du sang ou d’un déficit immunitaire. L’éruption, même si elle peut fluctuer pendant plusieurs semaines, disparaît sans laisser de traces.

Mon enfant est-il encore contagieux quand il a les joues rouges ?

Non, c’est la particularité de cette maladie. L’enfant est contagieux avant l’éruption, pendant la phase grippale. Une fois les joues rouges apparues, il n’est plus contagieux. C’est pourquoi aucune éviction scolaire n’est requise à ce stade.

Je suis enceinte et mon enfant a la 5ème maladie : que faire ?

Consultez rapidement votre médecin ou votre sage-femme. Une prise de sang permettra de vérifier si vous êtes déjà immunisée, ce qui est le cas de la majorité des adultes. Si vous ne l’êtes pas, une surveillance adaptée sera mise en place. Le risque de complication fœtale reste faible mais justifie un suivi médical.

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