Pour les parents pressés
Un bébé qui pleure en dormant (yeux fermés, sans se réveiller complètement) est un phénomène normal et fréquent. Il est lié à l’immaturité du sommeil : les nourrissons passent environ 50 % de leur temps de sommeil en phase agitée, contre 20 à 25 % chez l’adulte.
Le premier réflexe à adopter est d’attendre quelques minutes avant d’intervenir. Dans la majorité des cas, bébé se rendort seul. Le prendre dans les bras alors qu’il dort encore risque de le réveiller complètement et de rendre le retour au sommeil plus difficile.
Les causes les plus courantes sont le sommeil agité (normal avant 6 mois), les transitions entre deux cycles, les coliques, les poussées dentaires et, après 18 mois, les terreurs nocturnes. Consultez si les pleurs s’accompagnent de fièvre, de changements de comportement en journée ou de difficultés respiratoires.
Le babyphone grésille à 3 heures du matin. Votre bébé gémit, pousse un petit cri, ses bras bougent. Vous vous levez d’un bond, le coeur qui bat. Quand vous arrivez dans sa chambre, ses yeux sont fermés. Il pleure, mais il dort. Vous restez là, debout dans le noir, sans savoir quoi faire. Le prendre ? Le laisser ? Attendre ? Et surtout : est-ce que c’est normal ?
Si vous lisez cet article à 3 heures du matin sur votre téléphone, commencez par ceci : oui, c’est normal. Les bébés pleurent en dormant. C’est même l’un des motifs d’inquiétude parentale les plus fréquents, et l’un des plus rassurants une fois qu’on comprend ce qui se passe.
Le sommeil de bébé n’a rien à voir avec le vôtre
Pour comprendre pourquoi un bébé pleure en dormant, il faut d’abord comprendre comment il dort. Et la réponse courte, c’est : très différemment de vous.
Un adulte enchaîne des cycles de sommeil de 90 minutes et passe de l’un à l’autre sans s’en rendre compte. Un nourrisson, lui, a des cycles beaucoup plus courts (30 à 50 minutes avant 6 mois) et passe environ la moitié de son temps de sommeil en sommeil agité, l’équivalent immature du sommeil paradoxal. Pendant cette phase, bébé bouge, grimace, soupire, gémit, pleure parfois. Ses paupières frémissent, ses bras et ses jambes s’agitent. Tout cela se produit alors qu’il dort profondément.
L’autre moment critique, c’est la transition entre deux cycles. À la fin de chaque cycle, le bébé passe par un micro-réveil, une sorte de seuil entre deux trains de sommeil. La plupart du temps, il le franchit sans bruit. Mais il arrive qu’il pleure brièvement, agite les bras, tourne la tête de gauche à droite, puis se rendorme. Ces pleurs de transition durent rarement plus de 2 à 5 minutes.
Les causes fréquentes des pleurs pendant le sommeil selon l’âge
| Âge | Causes les plus courantes | Ce qui se passe |
|---|---|---|
| 0-3 mois | Sommeil agité normal, coliques, faim | 50-60 % du sommeil est agité. Les gémissements, grognements et pleurs brefs font partie du développement normal. Les coliques provoquent des pleurs intenses, souvent en soirée. |
| 3-6 mois | Transitions de cycles, régression du sommeil, poussées dentaires | Les cycles s’allongent et se structurent. La régression du sommeil à 4 mois est un passage classique où les réveils et pleurs nocturnes augmentent temporairement. |
| 6-12 mois | Angoisse de séparation, poussées dentaires, inconfort | Bébé prend conscience que vous n’êtes pas là. Les poussées dentaires peuvent provoquer des gémissements pendant le sommeil, surtout les molaires. |
| 12-18 mois | Rêves, éveils confusionnels, journées intenses | L’enfant commence à rêver de manière plus structurée. Une journée riche en stimulations peut provoquer des pleurs nocturnes liés au traitement émotionnel. |
| 18 mois – 4 ans | Terreurs nocturnes, cauchemars, parasomnies | Jusqu’à 40 % des enfants connaissent au moins un épisode de terreur nocturne. L’enfant crie, yeux ouverts mais inconscient, puis se rendort sans souvenir. Les cauchemars apparaissent plutôt en fin de nuit. |
Sommeil agité, terreur nocturne ou cauchemar : comment faire la différence
Les trois situations se ressemblent vues du couloir, mais elles sont très différentes. Savoir les distinguer change complètement la réponse à adopter.
Le sommeil agité concerne surtout les bébés de moins de 6 mois. Bébé gémit, grogne, pleure par petites salves de quelques secondes, bouge ses membres, fait des mimiques. Ses yeux sont fermés. Il ne se réveille pas. Ce n’est ni un cauchemar ni de la douleur : c’est la signature normale d’un cerveau en plein développement. La seule chose à faire est d’attendre. La grande erreur est de se précipiter : en prenant bébé dans les bras alors qu’il dort, vous le réveillez, et le retour au sommeil sera plus long et plus difficile.
La terreur nocturne est plus spectaculaire. Elle survient généralement entre 18 mois et 4 ans, en première partie de nuit (1 à 3 heures après le coucher), pendant une phase de sommeil lent profond. L’enfant crie, hurle, parfois les yeux ouverts, transpire, s’agite violemment. Il ne vous reconnait pas et ne se calme pas dans vos bras. L’épisode dure de 1 à 30 minutes, puis l’enfant se rendort comme si de rien n’était. Au réveil le lendemain, il ne se souvient de rien. La meilleure réaction est de rester à côté sans intervenir, en veillant à sa sécurité physique. Ne le réveillez pas : cela prolongerait l’épisode.
Le cauchemar, lui, se produit en deuxième partie de nuit, pendant le sommeil paradoxal. L’enfant se réveille complètement, pleure, vous appelle, cherche vos bras. Il peut raconter son rêve (à partir de 2-3 ans) et se calme rapidement avec du réconfort. C’est le seul des trois cas où prendre l’enfant contre vous et le rassurer est la bonne réponse.
Faut-il intervenir quand bébé pleure en dormant ?
C’est la question que tous les parents se posent, debout dans le couloir à 2 heures du matin. La réponse dépend d’un seul critère : bébé dort-il encore ou est-il réellement réveillé ?
Si ses yeux sont fermés, s’il ne cherche pas votre regard, s’il ne tend pas les bras vers vous, il dort probablement encore. Accordez-lui 2 à 5 minutes. Dans la grande majorité des cas, les pleurs diminuent d’eux-mêmes et bébé replonge dans un cycle de sommeil. Si vous avez un babyphone vidéo, c’est le moment où il est le plus utile : observer depuis votre chambre sans risquer de réveiller bébé par votre présence.
Si les pleurs persistent au-delà de 5 minutes et s’intensifient, ou si bébé ouvre les yeux et vous cherche, il est probablement réveillé. Allez le voir calmement, sans allumer la lumière principale. Une veilleuse à lumière chaude suffit. Parlez-lui doucement, posez une main sur son ventre ou son torse. Beaucoup de bébés se rendorment avec ce simple contact, sans avoir besoin d’être pris dans les bras.
La règle des 5 minutes : quand bébé pleure les yeux fermés, attendez 5 minutes avant d’intervenir. S’il se calme seul, ne faites rien. S’il s’intensifie ou se réveille, intervenez en douceur, sans lumière vive et sans le sortir du lit si possible.
Ce qui favorise les pleurs nocturnes (et ce que vous pouvez changer)
Certains facteurs augmentent la fréquence des pleurs pendant le sommeil. La bonne nouvelle, c’est que la plupart sont modifiables.
Le manque de siestes en journée. Cela semble paradoxal, mais un bébé qui dort trop peu en journée dort souvent moins bien la nuit. La fatigue excessive perturbe l’architecture du sommeil et augmente la proportion de sommeil profond en début de nuit, ce qui favorise les éveils confusionnels et les terreurs nocturnes. Consultez le tableau de sommeil bébé par âge pour vérifier que les siestes de votre enfant correspondent aux repères habituels.
Les journées trop stimulantes. Une sortie au parc, une visite chez les grands-parents, une fête d’anniversaire : tout ce qui sort de l’ordinaire peut provoquer des pleurs nocturnes le soir même. Le cerveau de bébé traite les émotions de la journée pendant le sommeil, et ce traitement peut provoquer de l’agitation. Ce n’est pas un problème, c’est le cerveau qui fait son travail.
L’environnement de la chambre. Une chambre trop chaude (au-dessus de 20 °C), un bébé trop couvert, un air trop sec en hiver : ces inconforts physiques provoquent des pleurs sans que bébé se réveille complètement. Maintenez la chambre entre 18 et 20 °C, adaptez la gigoteuse au TOG correspondant et vérifiez le taux d’humidité (idéalement entre 40 et 60 %).
Les douleurs silencieuses. Les poussées dentaires, un début d’otite, un reflux gastro-oesophagien : certaines douleurs ne se manifestent qu’en position allongée, quand le corps est au repos. Si les pleurs nocturnes sont inhabituels, récurrents et accompagnés de signes en journée (bave excessive, oreille tirée, régurgitations acides), parlez-en à votre pédiatre.
Quand consulter
Les pleurs pendant le sommeil sont normaux dans l’immense majorité des cas. Mais certaines situations méritent un avis médical.
Consultez votre pédiatre si les pleurs nocturnes sont nouveaux, fréquents et intenses depuis plus d’une semaine sans explication évidente (dents, vaccin, changement de routine). Consultez aussi si les pleurs s’accompagnent de fièvre, de difficultés respiratoires (ronflements inhabituels, pauses respiratoires, respiration bruyante), d’un changement de comportement en journée (irritabilité, refus de manger, apathie) ou de mouvements anormaux (raideur, secousses rythmiques).
Les convulsions fébriles peuvent ressembler à une agitation nocturne intense : si votre enfant se raidit, a des mouvements saccadés des membres et perd le contact, appelez le 15.
Selon l’Assurance Maladie, les troubles du sommeil de l’enfant sont un motif fréquent de consultation pédiatrique. Votre médecin pourra vérifier l’absence de cause médicale (otite, reflux, allergie) et vous orienter si nécessaire vers un spécialiste du sommeil.
Questions fréquentes
Un bébé qui pleure en dormant fait-il des cauchemars ?
Avant 12-18 mois, les pleurs pendant le sommeil ne sont presque jamais des cauchemars. Le sommeil du nourrisson est dominé par le sommeil agité, une phase où le cerveau est très actif et où les manifestations physiques (pleurs, mouvements, grimaces) sont fréquentes et normales. Les vrais cauchemars, avec un contenu narratif que l’enfant peut raconter, apparaissent plutôt vers 2-3 ans, quand l’imagination se développe. Avant cet âge, les pleurs nocturnes sont liés aux transitions de cycles, à l’inconfort physique ou aux éveils confusionnels.
Comment différencier un bébé qui pleure en dormant d’un bébé qui se réveille en pleurant ?
Le critère principal est le contact visuel. Un bébé qui pleure en dormant a les yeux fermés ou le regard vide (terreur nocturne), ne cherche pas vos bras et ne se calme pas forcément quand vous le prenez. Un bébé qui se réveille en pleurant ouvre les yeux, vous cherche du regard, tend les bras et se calme au contact. Dans le premier cas, attendez. Dans le second, réconfortez.
Les pleurs pendant le sommeil vont-ils disparaitre avec l’âge ?
Oui, dans la grande majorité des cas. Le sommeil agité représente 50 à 60 % du sommeil chez le nouveau-né, 30 % vers 6 mois, et 20 à 25 % vers 3 ans (proportion qui restera stable à l’âge adulte). À mesure que l’architecture du sommeil se structure, les pleurs entre deux cycles diminuent naturellement. Les terreurs nocturnes, quand elles apparaissent, disparaissent généralement avant 6 ans. Si les pleurs persistent au-delà de ces repères ou perturbent la qualité de vie de toute la famille, une consultation spécialisée peut aider.
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Journaliste de formation et père de quatre enfants, j’ai appris la parentalité comme beaucoup d’autres : en faisant, en me trompant parfois, et en ajustant au fil du quotidien.
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