Pour les parents pressés
1. Les convulsions fébriles sont fréquentes et bénignes dans la grande majorité des cas. Elles touchent environ 2 à 5 % des enfants entre 6 mois et 5 ans (source : Ameli).
2. Un épisode de convulsion fébrile simple ne signifie pas que votre enfant souffre d’épilepsie. Ce sont deux phénomènes distincts.
3. Appelez le 15 (SAMU) si la crise dure plus de 5 minutes ou si votre enfant ne reprend pas conscience normalement après l’épisode.
Voir son bébé pris de tremblements incontrôlables pendant un pic de fièvre est une expérience terrifiante. Le cœur s’emballe, les gestes deviennent hésitants, et une seule question occupe l’esprit : est-ce grave ?
La réponse, dans l’immense majorité des situations, est rassurante. Les convulsions fébriles sont un phénomène connu, documenté et bien encadré par les professionnels de santé en France. Cet article vous aide à comprendre ce qui se passe, à distinguer ce qui est courant de ce qui nécessite un avis médical rapide, et surtout à garder votre calme face à un épisode impressionnant mais rarement dangereux.
Qu’est-ce qu’une convulsion fébrile ?
Une convulsion fébrile est une réaction du cerveau à une montée rapide de la température corporelle. Elle survient généralement lorsque la fièvre dépasse 38,5 °C, mais c’est surtout la vitesse de l’élévation thermique qui joue un rôle, plus que le chiffre exact affiché sur le thermomètre.
Concrètement, le corps de l’enfant se raidit, ses membres peuvent être agités de secousses rythmiques, et il peut perdre brièvement conscience. L’épisode dure en général moins de 5 minutes. Après la crise, l’enfant est souvent somnolent, un peu désorienté, puis retrouve progressivement son état normal.
Il ne s’agit pas d’une maladie en soi. C’est une réponse du système nerveux encore immature face à un changement brutal de température. Le cerveau d’un jeune enfant est en plein développement, et cette sensibilité à la fièvre est une particularité transitoire, pas un dysfonctionnement.
Pourquoi c’est si impressionnant pour les parents
Aucun parent n’est préparé à voir son enfant convulser. C’est un spectacle qui provoque naturellement de l’angoisse, voire de la panique. Les yeux qui se révulsent, le corps qui se raidit, l’impression que l’enfant ne respire plus pendant quelques secondes… Tout cela active un instinct d’alarme parfaitement normal.
Il est important de savoir que cette réaction parentale est universelle. Les professionnels de santé le constatent quotidiennement : même des parents médecins sont déstabilisés quand leur propre enfant fait une convulsion fébrile. Ce n’est pas un manque de sang-froid. C’est humain.
La bonne nouvelle, c’est que l’intensité visuelle de la crise ne reflète pas sa gravité. Un épisode spectaculaire peut être tout à fait bénin. C’est un décalage difficile à intégrer sur le moment, mais essentiel à garder en tête.
À quel âge les convulsions fébriles surviennent-elles ?
Les convulsions fébriles concernent principalement les enfants âgés de 6 mois à 5 ans. Le pic de fréquence se situe autour de 18 mois, selon les données de la Haute Autorité de Santé (HAS).
Avant 6 mois et après 5 ans, les convulsions associées à la fièvre sont plus rares et justifient généralement un bilan médical approfondi. Cela ne signifie pas automatiquement que la situation est grave, mais le médecin voudra écarter d’autres causes possibles.
Après 5 ou 6 ans, le système nerveux a suffisamment mûri pour que cette sensibilité à la fièvre disparaisse naturellement chez la quasi-totalité des enfants concernés.
Ce qui est fréquent et ce qui l’est moins
La grande majorité des convulsions fébriles sont dites « simples ». Cela signifie qu’elles durent moins de 15 minutes, qu’elles sont généralisées (elles touchent les deux côtés du corps de manière symétrique) et qu’elles ne se répètent pas dans les 24 heures.
Environ un tiers des enfants qui ont fait une première convulsion fébrile en referont au moins une autre au cours de leur petite enfance. C’est un chiffre qui peut inquiéter, mais il confirme surtout le caractère bénin et récurrent du phénomène. Les récidives ne sont pas le signe d’une aggravation.
Les convulsions fébriles dites « complexes » sont plus rares. Elles se caractérisent par une durée supérieure à 15 minutes, des mouvements qui ne touchent qu’un seul côté du corps, ou une répétition dans les 24 heures. Ces formes justifient systématiquement une consultation médicale rapide, non pas parce qu’elles sont forcément graves, mais parce qu’elles nécessitent un avis spécialisé.
Convulsion simple (~80 % des cas)
Durée : moins de 15 minutes
Mouvements symétriques (tout le corps)
Pas de récidive dans les 24 heures
Récupération rapide
Convulsion complexe (~20 % des cas)
Durée : plus de 15 minutes
Mouvements d’un seul côté du corps
Récidive possible dans les 24 heures
Consultation rapide recommandée
Quand consulter ?
C’est la question centrale. Voici des repères clairs, conformes aux recommandations françaises.
Appelez le 15 (SAMU) si :
— La crise dure plus de 5 minutes sans signe d’arrêt
— Votre enfant a moins de 6 mois
— L’enfant ne reprend pas conscience ou reste anormalement amorphe après la crise
— Une deuxième crise survient dans les minutes qui suivent
— Vous constatez des difficultés respiratoires persistantes
Consultez votre médecin rapidement si :
— C’est la première convulsion fébrile de votre enfant
— Votre enfant a de la fièvre depuis plusieurs jours sans cause identifiée
— Vous avez un doute, quel qu’il soit (le doute parental est une raison suffisante)
Après un épisode déjà connu :
Si votre enfant a déjà été évalué pour des convulsions fébriles et que l’épisode correspond au schéma habituel (durée courte, récupération rapide), une consultation dans les 24 à 48 heures auprès de votre médecin traitant est généralement suffisante. N’hésitez pas à vérifier les seuils de fièvre nécessitant un avis médical pour adapter votre réaction.
Ce qu’il vaut mieux éviter de faire
Ne tentez pas de contenir les mouvements de votre enfant. Maintenir fermement un enfant en pleine crise peut provoquer des blessures. Le mieux est de l’allonger sur le côté, sur une surface sûre, à l’écart de tout objet dur ou anguleux.
N’introduisez rien dans sa bouche. Contrairement à une croyance répandue, un enfant qui convulse ne risque pas d’avaler sa langue. Mettre un doigt, une cuillère ou un tissu dans sa bouche est non seulement inutile mais potentiellement dangereux.
Ne plongez pas votre enfant dans un bain froid. Le choc thermique n’est pas recommandé et peut aggraver l’inconfort sans raccourcir la crise. Si la fièvre est élevée, suivez les conseils habituels : découvrir légèrement l’enfant, hydrater, aérer la pièce.
Ne donnez pas de médicament pendant la crise. Un enfant qui convulse ne peut pas avaler en toute sécurité. Attendez que la crise soit terminée et que l’enfant soit pleinement conscient avant toute administration de traitement.
Vous avez le droit d’avoir eu peur
Si vous lisez cet article, il y a de fortes chances que vous veniez de vivre un épisode éprouvant. Peut-être que vos mains tremblent encore. Peut-être que vous vous demandez si vous avez bien réagi.
Sachez ceci : il n’existe pas de « bonne » réaction parfaite face à une convulsion fébrile. Le simple fait d’être là, d’avoir surveillé votre enfant et de chercher des informations fiables fait de vous un parent attentif et responsable.
La culpabilité n’a pas sa place ici. Les convulsions fébriles ne sont causées ni par un manque de vigilance, ni par une erreur de soin. Elles surviennent parce que le cerveau de votre enfant est encore en construction. C’est tout.
Si l’épisode vous a particulièrement marqué, n’hésitez pas à en parler à votre médecin ou à votre entourage. Le stress post-crise des parents est un sujet que les professionnels de santé prennent au sérieux.
Questions fréquentes sur les convulsions fébriles
Les convulsions fébriles peuvent-elles causer des lésions au cerveau ?
Non. Les convulsions fébriles simples n’entraînent pas de lésions cérébrales. C’est un point sur lequel les études scientifiques sont concordantes. Le développement neurologique de l’enfant n’est pas affecté par ces épisodes, même s’ils se répètent.
Mon enfant risque-t-il de devenir épileptique ?
Le risque de développer une épilepsie après des convulsions fébriles simples reste très faible, de l’ordre de 1 à 2 %, soit légèrement au-dessus de celui de la population générale. La grande majorité des enfants concernés ne développeront jamais d’épilepsie.
Dois-je donner du paracétamol en prévention pour éviter les convulsions ?
Le paracétamol contribue à améliorer le confort de l’enfant fiévreux, mais il n’a pas prouvé son efficacité pour prévenir les convulsions fébriles. Son usage reste recommandé pour le confort, pas dans une logique de prévention des crises.
Ce qu’il faut retenir
Les convulsions fébriles sont fréquentes, le plus souvent bénignes, et ne traduisent ni une maladie grave ni une épilepsie. Elles touchent des enfants dont le cerveau réagit de manière intense mais transitoire à une montée rapide de la fièvre. En cas de premier épisode ou de doute, contactez votre médecin ou le 15. Vous n’avez rien fait de mal. Vous êtes exactement le parent dont votre enfant a besoin.
Les informations contenues dans cet article sont données à titre indicatif et ne remplacent en aucun cas un avis médical. En cas de doute ou d’urgence, contactez le 15 (SAMU) ou consultez votre médecin traitant.
Sources : Ameli.fr (Assurance Maladie), Haute Autorité de Santé (HAS).
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Journaliste de formation et père de quatre enfants, j’ai appris la parentalité comme beaucoup d’autres : en faisant, en me trompant parfois, et en ajustant au fil du quotidien.
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