Pour les parents pressés
L’eczéma bébé (ou dermatite atopique) touche environ 1 enfant sur 5 et débute souvent dès les premiers mois de vie. Il se manifeste par des plaques rouges qui démangent, surtout sur les joues, le front et les membres. Ce n’est pas contagieux et ce n’est pas lié à un manque d’hygiène. Le traitement repose sur deux piliers : des dermocorticoïdes en période de poussée pour calmer l’inflammation, et des émollients quotidiens pour hydrater et protéger la peau entre les crises. Dans la majorité des cas, l’eczéma s’atténue puis disparaît au cours de l’enfance.
La peau de votre bébé est sèche, des plaques rouges sont apparues sur ses joues et il se frotte sans cesse contre ses draps ? Il s’agit probablement d’eczéma bébé, aussi appelé dermatite atopique. C’est l’une des affections cutanées les plus fréquentes chez le nourrisson, et elle inquiète légitimement les parents. Mais la bonne nouvelle, c’est qu’avec des soins adaptés, l’eczéma se gère très bien au quotidien et disparaît le plus souvent avec le temps.
Qu’est-ce que l’eczéma bébé (dermatite atopique) ?
L’eczéma bébé, ou dermatite atopique du nourrisson, est une maladie inflammatoire chronique de la peau. C’est le type d’eczéma le plus répandu chez l’enfant. Il apparaît le plus souvent dès l’âge de 3 mois et évolue par cycles, alternant des poussées (plaques rouges, démangeaisons) et des périodes d’accalmie.
Deux points essentiels à retenir dès le départ : l’eczéma atopique n’est pas contagieux (votre enfant ne l’a pas « attrapé » et ne le transmettra pas), et ce n’est pas lié à un manque d’hygiène. Au contraire, un lavage excessif de la peau peut même aggraver les symptômes.
Pourquoi mon bébé a-t-il de l’eczéma ?
La cause principale de l’eczéma bébé est génétique. La peau de votre enfant a une particularité : elle n’assure pas correctement sa fonction de barrière protectrice. Elle manque de certaines graisses et de protéines (notamment la filaggrine), ce qui la rend anormalement sèche et perméable. Les molécules de l’environnement (acariens, poils d’animaux, pollens…) pénètrent plus facilement dans l’épiderme et déclenchent une réaction inflammatoire excessive.
L’hérédité joue un rôle important : selon les études, 50 à 70 % des enfants atteints ont un parent du premier degré (père, mère, frère ou sœur) qui a lui-même eu de l’eczéma atopique. Certains facteurs environnementaux peuvent aussi favoriser ou aggraver la maladie : air sec et froid, habitat mal ventilé, exposition au tabac, changements d’habitudes alimentaires ou lavage excessif de la peau.
L’eczéma du nourrisson n’a pas de cause psychologique, même si le stress peut parfois contribuer à déclencher une poussée chez l’enfant plus grand.
Symptômes de l’eczéma bébé : comment le reconnaître ?
Les symptômes de l’eczéma bébé varient selon la phase (poussée ou accalmie) et l’âge de l’enfant.
Pendant les poussées
Trois types de signes se combinent lors d’une poussée. Les démangeaisons intenses (prurit) sont le symptôme le plus gênant. Chez le nourrisson, elles se traduisent par des troubles du sommeil, une agitation et un frottement des joues contre les draps ou les vêtements. L’enfant ne se gratte pas forcément avec les mains, mais il exprime son inconfort autrement : il se tortille, pleure plus souvent, dort mal.
Les plaques rouges, rugueuses et gonflées apparaissent sur des zones caractéristiques. De fines vésicules peuvent se former à la surface, qui se rompent et suintent avant de former des croûtes. Enfin, une sécheresse cutanée s’installe en dehors des zones directement touchées.
Les zones touchées selon l’âge
| Âge | Zones principalement touchées |
|---|---|
| Nourrisson (avant 1 an) | Joues, front, menton (visage), bras, jambes, ventre |
| Enfant (après 2 ans) | Plis des coudes, arrière des genoux, poignets, chevilles |
| Adolescent / adulte | Plis, visage, mains, peau épaissie et très sèche |
Chez le nourrisson, l’atteinte est symétrique (les deux joues, les deux bras…) et touche surtout les parties convexes du visage et des membres. Le siège (zone de la couche) est en revanche généralement épargné, ce qui aide à distinguer l’eczéma d’un simple érythème fessier.
Traitement de l’eczéma bébé : les deux piliers
On ne peut pas guérir définitivement l’eczéma atopique — c’est une maladie chronique. Mais on peut très bien le contrôler grâce à un traitement en deux volets : calmer les poussées et protéger la peau au quotidien.
Pendant les poussées : les dermocorticoïdes
Le médecin prescrit une crème ou pommade à base de cortisone (dermocorticoïde) à appliquer une fois par jour sur les plaques d’eczéma. Ce traitement est très efficace pour calmer rapidement l’inflammation et les démangeaisons. Les lésions disparaissent généralement en 1 à 3 semaines.
Quelques règles simples : appliquez une fine couche sans masser, uniquement sur les zones atteintes, et poursuivez le traitement jusqu’à la disparition complète des plaques. La puissance du dermocorticoïde est adaptée par le médecin selon l’âge de votre bébé, la localisation et la sévérité des lésions.
Un mot sur la corticophobie : beaucoup de parents ont peur des crèmes à base de cortisone, parfois à cause de commentaires de l’entourage ou d’informations contradictoires. Les dermocorticoïdes prescrits pour l’eczéma bébé sont faiblement dosés, utilisés localement et en cures courtes. Appliqués correctement et selon la prescription, ils sont sûrs et constituent le traitement de référence. Ne pas traiter un eczéma par peur de la cortisone risque au contraire d’aggraver les lésions et d’installer la maladie dans la durée.
Au quotidien : les émollients
L’hydratation quotidienne est la pierre angulaire du traitement de fond. Entre les poussées, la peau de votre bébé reste sèche et fragile. L’application d’un émollient (crème hydratante adaptée) deux fois par jour sur l’ensemble du corps permet de restaurer la barrière cutanée, de réduire les démangeaisons et d’espacer les poussées.
Appliquez l’émollient idéalement juste après le bain, sur une peau légèrement humide, par massages circulaires doux du bas vers le haut du corps. Ce moment peut devenir un véritable rituel de détente entre vous et votre bébé. Ces soins sont encore plus importants en hiver, quand le froid et l’air sec agressent davantage la peau.
Les gestes du quotidien pour soulager l’eczéma bébé
Au-delà du traitement médicamenteux, des gestes simples aident à limiter les irritations et à prévenir de nouvelles poussées.
Pour le bain : une seule douche ou un bain tiède par jour, de courte durée (moins de 10 minutes). Utilisez un pain ou gel sans savon (savon surgras). N’ajoutez rien dans l’eau (mousse, huile essentielle). Séchez la peau de votre bébé en tamponnant doucement, sans frotter.
Pour les vêtements : privilégiez le coton et le lin, qui sont doux pour la peau. Évitez la laine directement au contact de la peau et les textiles synthétiques à grosses fibres. Lavez les vêtements neufs avant de les faire porter.
Pour l’environnement : maintenez la chambre à une température fraîche (18-19 °C) et aérez quotidiennement. Un air trop chaud et sec aggrave les démangeaisons. Évitez l’exposition au tabac.
Pour les démangeaisons : gardez les ongles courts de votre bébé. Vous pouvez lui mettre de petites moufles la nuit pour limiter le grattage pendant le sommeil. Des compresses fraîches (pas glacées) peuvent aussi apaiser les démangeaisons ponctuellement.
Eczéma bébé : quelle évolution ?
C’est probablement la question qui préoccupe le plus les parents : est-ce que ça va passer ? Dans la grande majorité des cas, oui.
L’eczéma atopique du nourrisson évolue par poussées pendant les premières années, puis les crises s’espacent et s’atténuent progressivement. La plupart des eczémas de l’enfant disparaissent avant l’adolescence. Une recrudescence est possible à l’adolescence, notamment dans les plis. Dans environ 5 % des cas, l’eczéma persiste à l’âge adulte.
Un point encourageant : traiter tôt et correctement l’eczéma bébé permet non seulement de soulager votre enfant au quotidien, mais aussi de limiter le risque que la maladie s’installe dans la durée et d’évoluer vers d’autres manifestations allergiques (asthme, rhinite allergique).
Quand consulter un médecin ?
Consultez votre médecin, pédiatre ou dermatologue dès les premiers signes d’eczéma pour poser le diagnostic (qui repose sur un simple examen clinique, sans examen complémentaire) et mettre en place le traitement adapté.
Reconsultez rapidement si vous observez les situations suivantes : les lésions changent d’aspect (apparition de pustules, de croûtes inhabituelles jaunes ou verdâtres), ce qui peut indiquer une surinfection comme un impétigo. De la fièvre accompagne l’eczéma. Votre bébé ne prend pas de poids (ce qui peut indiquer une allergie alimentaire associée). Le traitement ne semble pas fonctionner malgré une application rigoureuse. L’eczéma perturbe fortement le sommeil et la qualité de vie de votre bébé.
Vigilance particulière : en cas d’eczéma, évitez tout contact avec une personne porteuse d’un bouton de fièvre (herpès labial). Le virus de l’herpès peut provoquer une complication grave sur une peau fragilisée par l’eczéma.
Eczéma bébé ou autre chose ? Les confusions fréquentes
Plusieurs affections cutanées du nourrisson peuvent ressembler à de l’eczéma. Votre médecin saura les distinguer, mais voici quelques repères.
| Affection | Aspect | Localisation | Démangeaisons |
|---|---|---|---|
| Eczéma atopique | Plaques rouges, rugueuses, vésicules | Joues, front, membres | Intenses |
| Croûtes de lait | Plaques jaunâtres grasses | Cuir chevelu, sourcils | Peu ou pas |
| Érythème fessier | Rougeurs vives | Zone de la couche | Inconfort |
| Impétigo | Croûtes jaunes « couleur miel » | Nez, bouche | Modérées |
| Urticaire | Plaques gonflées, fugaces | Variable, migratoire | Intenses |
Un indice précieux : l’eczéma atopique épargne généralement le siège (zone de la couche), ce qui le distingue facilement de l’érythème fessier. Et contrairement à l’urticaire, les plaques d’eczéma ne disparaissent pas en quelques heures : elles persistent plusieurs jours.
Alimentation et eczéma : faut-il modifier le régime de bébé ?
C’est une question que beaucoup de parents se posent. La réponse est claire : ne modifiez pas l’alimentation de votre bébé sans avis médical, sauf si un allergène alimentaire a été identifié par des tests d’allergie.
Dans certains cas, l’eczéma atopique peut être associé à une allergie alimentaire (lait de vache, œuf, arachide…). Si votre médecin le suspecte — par exemple si votre bébé ne prend pas de poids ou si l’eczéma ne répond pas au traitement habituel — il peut demander des tests d’allergie. Mais ces situations restent minoritaires.
Par ailleurs, si c’est possible, l’allaitement maternel peut aider à diminuer l’intensité de l’eczéma chez le nourrisson, sans que ce soit une obligation ni une garantie.
Vaccination et eczéma : aucune contre-indication
L’eczéma atopique ne contre-indique pas la vaccination. Le calendrier vaccinal reste exactement le même pour un bébé qui a de l’eczéma. En cas de forte poussée, le médecin peut simplement choisir de décaler temporairement un vaccin de quelques jours, le temps que la crise se calme.
Ce qu’il faut retenir
L’eczéma bébé est une maladie de peau très fréquente qui touche un enfant sur cinq, souvent dès les premiers mois de vie. Elle n’est ni contagieuse, ni due à un manque d’hygiène. C’est une peau génétiquement fragile qui réagit de manière excessive à son environnement.
Le traitement repose sur un duo simple mais efficace : des dermocorticoïdes pour éteindre les poussées et des émollients quotidiens pour protéger la peau entre les crises. N’ayez pas peur des crèmes à base de cortisone prescrites par votre médecin : utilisées correctement, elles sont le meilleur allié de la peau de votre bébé. Et surtout, gardez confiance : dans la grande majorité des cas, l’eczéma s’atténue et disparaît au fil de l’enfance.
Pour des informations médicales complètes, vous pouvez consulter la fiche d’Ameli.fr sur l’eczéma atopique.
Questions fréquentes sur l’eczéma bébé
L’eczéma de mon bébé va-t-il disparaître ?
Dans la plupart des cas, oui. L’eczéma atopique du nourrisson s’atténue progressivement au cours de l’enfance, avec des poussées de plus en plus espacées. La majorité des enfants n’ont plus d’eczéma avant l’adolescence. Dans environ 5 % des cas, il peut persister à l’âge adulte. Un traitement précoce et régulier contribue à limiter la durée et l’intensité de la maladie.
Les crèmes à la cortisone sont-elles dangereuses pour mon bébé ?
Non, les dermocorticoïdes prescrits pour l’eczéma bébé sont faiblement dosés et utilisés localement, sur des zones ciblées et en cures courtes. Appliqués selon la prescription du médecin, ils sont efficaces et sûrs. La peur de la cortisone (corticophobie) conduit parfois les parents à sous-traiter l’eczéma, ce qui risque d’aggraver la maladie et d’affecter le confort de l’enfant.
Mon bébé peut-il aller à la piscine s’il a de l’eczéma ?
En dehors des périodes de poussée, la piscine n’est pas contre-indiquée. L’eau chlorée peut cependant dessécher la peau, il est donc conseillé de bien rincer votre bébé à l’eau douce après la baignade et d’appliquer aussitôt un émollient. Pendant une poussée active, il est préférable d’attendre que les lésions soient calmées avant de retourner à la piscine.
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Journaliste de formation et père de quatre enfants, j’ai appris la parentalité comme beaucoup d’autres : en faisant, en me trompant parfois, et en ajustant au fil du quotidien.
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