Réponse directe
En France, 13 % des enfants en école élémentaire présentent un trouble probable de santé mentale (trouble émotionnel, oppositionnel ou TDAH). La santé mentale a été déclarée grande cause nationale en 2026, mais les parents restent souvent démunis face aux premiers signes. Voici ce qu’il faut savoir pour repérer, comprendre et agir.
- ✓ 13 % des écoliers concernés par un trouble probable
- ✓ Le suicide est la 2e cause de mortalité chez les 10-19 ans
- ✓ Le dispositif MonPsy va être élargi en 2026
Quand on pense à la santé de nos enfants, on surveille la fièvre, les vaccins, la croissance. Mais la santé mentale reste un angle mort pour de nombreuses familles. Et les chiffres récents ont de quoi bousculer : selon l’étude Enabee de Santé publique France, 13 % des enfants scolarisés en élémentaire présentent au moins un trouble probable de santé mentale. Chez les 3 à 6 ans, 8,3 % sont déjà concernés. En déclarant la santé mentale « grande cause nationale » pour la deuxième année consécutive, le gouvernement reconnaît l’urgence. Mais concrètement, que peuvent faire les parents ?
Des chiffres qui interpellent les familles
Les données convergent et dressent un tableau préoccupant. L’étude Enabee, menée par Santé publique France, révèle que les troubles les plus fréquents chez les écoliers sont les troubles émotionnels (anxiété, dépression), les troubles oppositionnels et le TDAH (trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité). Chez les adolescents, la situation est encore plus alarmante : le suicide est devenu la deuxième cause de mortalité chez les 10-19 ans, emportant plus de 400 jeunes chaque année en France.
La dégradation de la santé mentale des collégiens et lycéens entre 2018 et 2022 est documentée, avec une hausse notable des passages aux urgences pour idées et gestes suicidaires. Les jeunes filles sont particulièrement touchées. Et le cyberharcèlement, qui concerne 20 % des 8-18 ans, amplifie cette souffrance en s’immisçant jusque dans la sphère privée.
Ce que ça change concrètement pour les parents
Repérer un trouble de santé mentale chez un enfant n’est pas simple, car les signes sont souvent discrets ou confondus avec des « phases ». Voici les signaux qui doivent alerter : un changement durable de comportement (retrait, irritabilité, agressivité inhabituelle), des troubles du sommeil ou de l’appétit persistants, un décrochage scolaire soudain, ou des plaintes physiques récurrentes sans cause médicale identifiée (maux de ventre, maux de tête).
La bonne nouvelle, c’est que plus un trouble est repéré tôt, mieux il se prend en charge. Les 12 consultations obligatoires entre 0 et 6 ans incluent désormais un volet de dépistage renforcé des troubles neurodéveloppementaux et émotionnels. Et le dispositif MonPsy, qui permet l’accès à des séances de psychologue remboursées, devrait être assoupli en 2026, avec un élargissement des conditions d’accès.
Ce que disent les experts
Pour les professionnels de santé, l’enjeu est clair : il faut déstigmatiser la santé mentale dès le plus jeune âge. La HAS (Haute Autorité de Santé) recommande d’agir dès les premiers signes d’alerte, sans attendre un diagnostic formel. Dans ses nouvelles recommandations publiées en 2026, elle insiste sur l’importance des programmes de guidance parentale, qui accompagnent les familles dans la compréhension et la gestion des difficultés de l’enfant.
L’UNICEF, dans son rapport 2026 sur les droits de l’enfant, souligne que la France doit renforcer l’accès aux soins psychologiques pour les familles les plus vulnérables. Le rapport pointe également le rôle protecteur d’un environnement familial stable et bienveillant, et celui de la limitation des écrans dans le bien-être émotionnel des enfants.
Bon à savoir
Consulter un psychologue pour son enfant n’est pas un signe d’échec parental. Au contraire, c’est un acte de prévention recommandé par les pédiatres. Avec le dispositif MonPsy, les séances peuvent être prises en charge sans avance de frais sous certaines conditions. Parlez-en à votre médecin traitant.
Ce qu’il faut retenir
1. 13 % des écoliers et 8,3 % des enfants de 3 à 6 ans sont concernés par un trouble probable de santé mentale en France. Les filles adolescentes sont particulièrement vulnérables.
2. Les signes à surveiller incluent les changements durables de comportement, les troubles du sommeil, le décrochage scolaire et les plaintes physiques répétées sans cause identifiée.
3. Des dispositifs existent (MonPsy, consultations obligatoires renforcées, guidance parentale) et la grande cause nationale 2026 devrait accélérer l’accès aux soins psychologiques pour les enfants.
Sources
- Santé publique France, étude Enabee sur la santé mentale des enfants de 3 à 11 ans
- UNICEF France, Observatoire des droits de l’enfant 2026 – Santé mentale
- HAS, recommandations de bonnes pratiques 2026
- Gouvernement français, « La santé mentale, grande cause nationale 2026 » (info.gouv.fr)
Cet article est fourni à titre informatif et ne remplace pas un avis médical. Si vous êtes préoccupé par la santé mentale de votre enfant, consultez votre médecin traitant ou un pédiatre.
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Journaliste de formation et père de quatre enfants, j’ai appris la parentalité comme beaucoup d’autres : en faisant, en me trompant parfois, et en ajustant au fil du quotidien.
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