Temps de lecture : 8 min | Mis à jour : mars 2026
Le test de dépistage du diabète gestationnel est l’un des examens qui suscite le plus d’interrogations pendant la grossesse. Il est souvent mal connu : beaucoup de femmes ne savent pas si elles y sont soumises, comment il se déroule concrètement, ni ce qu’un résultat anormal implique vraiment. Cet article répond à toutes ces questions clairement, en s’appuyant sur les recommandations actuelles de la Haute Autorité de Santé. Ce test s’inscrit dans un calendrier complet des examens de grossesse qui comprend 7 consultations, 3 échographies et plusieurs dépistages ciblés.
Qu’est-ce que le diabète gestationnel ?
Le diabète gestationnel est une intolérance aux glucides qui apparaît pendant la grossesse et disparaît généralement après l’accouchement. Pendant la grossesse, le placenta produit des hormones qui rendent les cellules moins sensibles à l’insuline (on parle d’insulinorésistance). Normalement, le pancréas compense en produisant plus d’insuline. Chez certaines femmes, cette compensation est insuffisante : le glucose s’accumule dans le sang plutôt que d’être absorbé par les cellules.
Ce phénomène est fréquent : le diabète gestationnel touche entre 8 et 16 % des grossesses en France selon les études et les critères diagnostiques utilisés. Il est asymptomatique dans la grande majorité des cas, ce qui justifie le dépistage actif chez les femmes à risque. Une alimentation équilibrée pendant la grossesse est déjà un facteur de prévention : les recommandations sur les aliments à éviter pendant la grossesse incluent notamment la limitation des sucres rapides.
Qui est concerné par le test glucose grossesse ?
Depuis les recommandations HAS de 2010, le dépistage du diabète gestationnel en France n’est pas universel : il est ciblé sur les femmes présentant au moins un facteur de risque. Ce choix repose sur un équilibre entre bénéfices médicaux et charge des examens pour les femmes à faible risque.
Les facteurs de risque reconnus sont les suivants : un indice de masse corporelle (IMC) supérieur ou égal à 25 kg/m² avant la grossesse, un âge supérieur ou égal à 35 ans, des antécédents personnels de diabète gestationnel lors d’une grossesse précédente, des antécédents familiaux de diabète de type 2 au premier degré (père, mère, frère ou sœur), et la naissance d’un enfant macrosome lors d’une grossesse antérieure (poids de naissance supérieur à 4 kg).
Si aucun de ces facteurs n’est présent, le dépistage n’est pas recommandé selon les critères HAS. Certains médecins et maternités proposent cependant un dépistage plus large selon leurs pratiques locales ou les données épidemiologiques de leur patientèle.
Bon à savoir
La glycémie à jeun est systématiquement dosée lors du premier bilan prénatal (entre 8 et 12 SA). Une valeur égale ou supérieure à 0,92 g/L lors de ce premier examen suffit à poser le diagnostic de diabète gestationnel, sans attendre le test HGPO du 2e trimestre.
Comment se déroule le test glucose grossesse (HGPO) ?
Le test utilisé en France est l’hyperglycémie provoquée par voie orale avec 75 grammes de glucose (HGPO 75 g). Il se réalise entre la 24e et la 28e semaine d’aménorrhée (SA), soit approximativement à la fin du 6e mois de grossesse.
Déroulement concret : le test se fait dans un laboratoire d’analyses. La femme doit être à jeun depuis au moins 8 heures. Une première prise de sang mesure la glycémie à jeun (T0). Ensuite, elle boit une solution contenant 75 g de glucose dilués dans environ 250 ml d’eau, généralement aromatisée (goût citron ou orange). Deux prises de sang supplémentaires sont réalisées 1 heure (T60) et 2 heures (T120) après l’ingestion. Pendant ces deux heures, la femme reste au laboratoire, au calme, sans activité physique intense.
Effets secondaires courants : certaines femmes ressentent des nauses, une légère sudation ou une sensation de tête lourde après l’ingestion de la solution sucrée. Ces effets sont passagers et sans conséquence. Il est recommandé de ne pas venir seule si on sait être sensible aux variations glycémiques ou si on a tendance au malaise à jeun.
Attention
Ne pas manger entre les prises de sang pendant le test. Toute ingestion alimentaire, même une boisson sucrée ou un bonbon, fausse les résultats et nécessite de refaire le test. Seule l’eau plate est autorisée.
Quels sont les seuils diagnostiques ?
Selon les recommandations HAS en vigueur, le diagnostic de diabète gestationnel est retenu si au moins une des valeurs suivantes est atteinte ou dépassée lors de l’HGPO 75 g :
| Moment du prélèvement | Seuil diagnostique |
|---|---|
| Glycémie à jeun (T0) | ≥ 0,92 g/L |
| 1 heure après ingestion (T60) | ≥ 1,80 g/L |
| 2 heures après ingestion (T120) | ≥ 1,53 g/L |
Ces seuils ont été établis par l’IADPSG (International Association of Diabetes and Pregnancy Study Groups) en 2010 et adoptés en France. Ils sont plus bas que les anciens critères, ce qui explique l’augmentation du nombre de diabètes gestationnels diagnostiqués depuis cette période.
Que se passe-t-il en cas de test positif ?
Un résultat positif ne signifie pas que la grossesse est en danger. Le diabète gestationnel est une situation fréquente qui se gère dans la grande majorité des cas avec des mesures hygiéno-diététiques, sans médicament.
Prise en charge de 1ere intention : une consultation avec une diététicienne est proposée pour adapter l’alimentation. Les objectifs sont de répartir les glucides sur la journée (3 repas + 2 collations), de privilégier les glucides complexes à index glycémique bas, de limiter les sucres rapides et les boissons sucrées. Une autosurveillance glycémique à domicile (mesure avec un lecteur de glycémie 4 à 6 fois par jour) est mise en place pour vérifier que les objectifs sont atteints.
Si les mesures alimentaires ne suffisent pas : une insulinothérapie peut être introduite. C’est le cas chez environ 30 à 40 % des femmes diagnostiquées. L’insuline utilisée pendant la grossesse est sûre pour le fœtus, car elle ne passe pas la barrière placentaire. Les antidiabétiques oraux ne sont généralement pas prescrits en France pendant la grossesse.
Surveillance accrue : le suivi obstétrical est renforcé avec des échographies supplémentaires (notamment pour vérifier la croissance fœtale et le liquide amniotique) et des consultations plus fréquentes. L’accouchement est généralement programmé avant 41 SA pour éviter les complications liées à un bébé trop gros.
Quels sont les risques si le diabète gestationnel n’est pas pris en charge ?
Non traité, un diabète gestationnel peut avoir des conséquences pour la mère et le bébé. Il est important de les connaître pour comprendre l’intérêt du dépistage, sans dramatiser pour autant.
Pour le bébé, l’excès de glucose maternel stimule la production d’insuline par le pancréas fœtal, ce qui favorise la croissance et peut mener à une macrosomie (poids de naissance élevé, généralement défini comme supérieur à 4 kg ou au 90e percentile). Une macrosomie augmente le risque de dystocie des épaules à l’accouchement et de traumatisme néonatal. Après la naissance, le nouveau-né peut présenter une hypoglycémie (son pancréas continue un temps à produire beaucoup d’insuline alors que l’apport de glucose maternel a cessé).
Pour la mère, le diabète gestationnel augmente le risque de prééclampsie et d’infection urinaire. À distance de la grossesse, une femme ayant eu un diabète gestationnel a un risque plus élevé de développer un diabète de type 2. Un bilan glycémique est recommandé à 6-8 semaines post-partum, puis tous les 1 à 3 ans.
Après l’accouchement : que devient le diabète gestationnel ?
Dans la grande majorité des cas, la glycémie revient à la normale dans les jours ou les semaines qui suivent l’accouchement. Le diabète gestationnel est lié aux hormones placentaires : une fois le placenta expulsé, l’insulinorésistance disparaît progressivement.
Un test de tolérance au glucose est recommandé entre 6 et 8 semaines après l’accouchement pour confirmer le retour à la normale. Si ce test est normal, il n’y a pas de diabète persistant. Mais le risque de diabète de type 2 dans les années suivantes est réel : entre 15 et 50 % des femmes ayant eu un diabète gestationnel développeront un diabète de type 2 dans les 10 ans, selon leur profil de risque. Un suivi annuel de la glycémie reste préférable. Maintenir une alimentation équilibrée et une activité physique régulière après la naissance réduit significativement ce risque.
La période post-partum est aussi un moment où l’alimentation du nourrisson retient toute l’attention. Les recommandations sur l’alimentation bébé et les débuts de la diversification sont un prolongement naturel de l’attention portée à la nutrition pendant la grossesse.
Ce qu’il faut retenir
Le test glucose grossesse est un examen ciblé et bien toléré qui permet de détecter un diabète gestationnel souvent asymptomatique. Un résultat positif ouvre une prise en charge concrète et efficace, dans la grande majorité des cas sans médicament. L’essentiel est de ne pas minimiser l’information quand le test est prescrit, et de ne pas dramatiser si le résultat est élevé : c’est une situation fréquente, bien connue des équipes obstétricales, et tout à fait compatible avec une grossesse et un accouchement qui se passent bien.
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Questions fréquentes sur le test glucose grossesse
Peut-on refuser le test glucose pendant la grossesse ?
Oui. Comme tout examen médical, le dépistage du diabète gestationnel nécessite le consentement éclairé de la patiente. Il est toujours possible de refuser. Cependant, chez une femme présentant des facteurs de risque, le refus doit être une décision informée : le diabète gestationnel non dépisté et non traité peut avoir des conséquences pour le bébé (macrosomie, hypoglycémie néonatale) et pour la mère. En parler avec son médecin ou sa sage-femme permet de prendre une décision éclairée.
Le test O’Sullivan est-il encore utilisé en France ?
Non. Le test O’Sullivan (50 g de glucose sans être à jeun, une seule prise de sang à 1 heure) était l’ancien test de dépistage en deux étapes. Il a été abandonné en France en 2010 au profit de l’HGPO 75 g directement diagnostique. Certains pays anglosaxons continuent à utiliser ce protocole en deux étapes (screening puis confirmation), mais ce n’est plus la pratique recommandée en France.
Peut-on manger normalement la veille du test glucose ?
Oui. La veille du test, aucun régime particulier n’est nécessaire. Il ne faut pas s’alimenter dans les 8 heures précédant le test (pas de petit-déjeuner si le test est le matin). L’eau plate est autorisée. Il est recommandé d’éviter tout effort physique intense dans les 24 heures précédant le test, car l’activité physique intense peut modifier la réponse glycémique.
Sources
- HAS : diabète gestationnel, dépistage et diagnostic (2010)
- Ameli.fr : diabète gestationnel
- Société Francophone du Diabète
Dernière vérification : mars 2026
Cet article s’appuie sur les recommandations officielles des autorités de santé. Il ne remplace pas un avis médical. En cas de doute, consultez votre médecin ou sage-femme.
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