Temps de lecture : 9 min | Mis à jour : mars 2026
Les examens de grossesse rythment les neuf mois d’attente avec une régularité qui peut surprendre : prises de sang, analyses d’urine, échographies, consultations mensuelles. Pour une première grossesse, cette succession de rendez-vous peut sembler impressionnante. En réalité, chaque examen a un objectif précis et la plupart sont simples, rapides et indolores. Ce calendrier complet reprend les examens de grossesse mois par mois, en distinguant ce qui est obligatoire de ce qui est recommandé ou proposé selon votre situation.
Le premier trimestre : poser les bases du suivi
Dès le 1er mois, la confirmation de la grossesse par prise de sang lance le processus de suivi. La première consultation prénatale est la plus dense en examens. Elle doit avoir lieu avant la fin du 3e mois de grossesse (avant 15 semaines d’aménorrhée), mais elle est souvent programmée dès le 2e mois. Elle peut être réalisée par votre médecin traitant, un gynécologue ou une sage-femme. C’est lors de ce rendez-vous que le professionnel de santé effectue un examen clinique complet : poids, tension artérielle, palpation de l’utérus, frottis cervical si vous n’êtes pas à jour.
Plusieurs examens biologiques sont prescrits lors de cette première consultation. La prise de sang comprend la détermination du groupe sanguin et du rhésus (pour une première grossesse), la recherche de la rubéole, de la toxoplasmose, de la syphilis et de l’hépatite B. Le dépistage du VIH est systématiquement proposé. Si vous n’êtes pas immunisée contre la toxoplasmose, une sérologie mensuelle sera nécessaire pendant toute la grossesse. Des précautions alimentaires spécifiques s’appliquent alors : notre guide sur les aliments interdits pendant la grossesse détaille les règles à suivre.
C’est également à la suite de cette consultation que la déclaration de grossesse est transmise à l’Assurance maladie, en général de façon dématérialisée via votre carte Vitale. Cette étape ouvre vos droits à la prise en charge à 100 % des examens liés à la grossesse à partir du 6e mois.
L’échographie du 1er trimestre est réalisée idéalement entre 11 et 13 semaines d’aménorrhée (SA + 6 jours), soit au 3e mois de grossesse. Elle permet de dater précisément le début de la grossesse en mesurant la longueur cranio-caudale de l’embryon, de vérifier qu’il s’agit d’une grossesse unique ou multiple, et de mesurer la clarté nucale, un marqueur utilisé dans le dépistage de la trisomie 21. Cette mesure est combinée à un dosage sanguin des marqueurs sériques (prise de sang) pour évaluer le niveau de risque. Si ce risque est élevé, un dépistage prénatal non invasif (DPNI) peut être proposé : une simple prise de sang maternelle qui analyse l’ADN fœtal circulant dans le sang de la mère.
Bon à savoir
L’entretien prénatal précoce (EPP), réalisé par un médecin ou une sage-femme, est désormais obligatoire. D’une durée d’environ 45 minutes, il permet d’évaluer vos besoins en accompagnement (soutien psychologique, cours de préparation, aides sociales) et de poser toutes vos questions. Il est pris en charge à 100 % par l’Assurance maladie.
Le deuxième trimestre : surveillance et échographie morphologique
À partir du 4e mois, les consultations prénatales deviennent mensuelles. Chaque mois, le professionnel de santé vérifie votre poids, votre tension artérielle, la hauteur utérine et les battements de cœur du bébé. Une analyse d’urine est réalisée (ou prescrite) à chaque consultation pour rechercher la présence de sucre (glycosurie) et de protéines (protéinurie), deux marqueurs qui peuvent signaler respectivement un diabète gestationnel ou une pré-éclampsie.
Au 5e mois, une prise de sang est prescrite pour rechercher une éventuelle anémie par carence en fer (numération des globules rouges et dosage des plaquettes). La carence en fer est fréquente pendant la grossesse et peut se manifester par une fatigue intense ou un essoufflement inhabituel. Si les nausées du premier trimestre ont entraîné une alimentation limitée, le risque d’anémie est un peu plus élevé.
L’échographie du 2e trimestre, dite échographie morphologique, est réalisée idéalement vers 22 semaines d’aménorrhée (entre 20 et 25 SA), au 5e mois de grossesse. C’est l’examen le plus long des trois échographies, car il passe en revue l’ensemble des organes du bébé : cerveau, cœur, reins, colonne vertébrale, membres, visage. Le médecin ou la sage-femme vérifie également la position du placenta et la quantité de liquide amniotique. C’est aussi lors de cette échographie que le sexe du bébé peut être déterminé, si les parents le souhaitent et si la position du fœtus le permet.
Entre 24 et 28 semaines d’aménorrhée (au 6e mois), le dépistage du diabète gestationnel peut être proposé. Ce dépistage concerne les femmes présentant au moins un facteur de risque : âge supérieur ou égal à 35 ans, IMC supérieur ou égal à 25, antécédent familial de diabète de type 2, antécédent personnel de diabète gestationnel ou de macrosomie. Le test d’hyperglycémie provoquée par voie orale (HGPO) consiste à mesurer la glycémie à jeun, puis une heure et deux heures après l’ingestion de 75 g de glucose. L’examen dure environ deux heures en laboratoire. Une seule valeur dépassant les seuils suffit à poser le diagnostic. Notre article sur le test glucose grossesse détaille le déroulement de cet examen et l’interprétation des résultats.
Pour les femmes de rhésus négatif, une recherche d’agglutinines irrégulières (RAI) est réalisée au 6e mois. Ce test vérifie l’absence d’anticorps pouvant être dangereux pour le bébé en cas d’incompatibilité rhésus. Une injection d’immunoglobulines anti-D est proposée vers 28 SA pour prévenir ce risque.
Le troisième trimestre : préparer l’accouchement
Le rythme des consultations reste mensuel au 3e trimestre, mais les examens se concentrent davantage sur la préparation à l’accouchement. Au 7e mois, la consultation prénatale vérifie la position du bébé, la croissance utérine et les signes éventuels de menace d’accouchement prématuré. C’est aussi le moment où débutent les séances de préparation à la naissance et à la parentalité, au nombre de 7, prises en charge à 100 % par l’Assurance maladie.
L’échographie du 3e trimestre est réalisée vers 32 semaines d’aménorrhée (entre 30 et 34 SA). Son objectif principal est de vérifier la croissance du bébé, sa position (tête en bas, en siège), la localisation du placenta et la quantité de liquide amniotique. Si le bébé est en siège, une version par manœuvre externe pourra être envisagée autour de 36-37 SA. L’estimation du poids fœtal permet d’anticiper les modalités d’accouchement, notamment si un poids très élevé ou très faible est suspecté. Cette échographie est prise en charge à 100 % par l’Assurance maladie.
Au 8e mois, la consultation pré-anesthésique est obligatoire, même si vous souhaitez accoucher sans péridurale. Ce rendez-vous avec un anesthésiste de la maternité permet de vérifier l’absence de contre-indication à l’anesthésie et de prévoir une éventuelle césarienne. Un bilan sanguin est prescrit à cette occasion. C’est aussi au 8e mois que le prélèvement vaginal pour la recherche du streptocoque B est réalisé (entre 34 et 38 SA). Cette bactérie, présente chez environ 10 à 25 % des femmes enceintes sans provoquer de symptômes, peut entraîner des infections graves chez le nouveau-né lors de l’accouchement. Si le résultat est positif, un traitement antibiotique sera administré en perfusion pendant le travail.
Au 9e mois, la dernière consultation prénatale fait le point sur la date prévue d’accouchement, la position du bébé et l’état du col. Si vous observez des contractions régulières, votre professionnel de santé évaluera si le travail a commencé. Suivre l’évolution de votre corps au fil des mois aide à mieux comprendre chaque étape : notre guide grossesse mois par mois reprend les changements clés de chaque période.
Attention
Certains signes justifient une consultation en urgence, quel que soit le mois de grossesse : saignements vaginaux, perte de liquide amniotique, fièvre supérieure à 38 °C, maux de tête intenses avec troubles visuels, diminution ou absence de mouvements du bébé au 3e trimestre. N’attendez pas votre prochain rendez-vous programmé.
Tableau récapitulatif des examens de grossesse mois par mois
| Période | Consultation | Échographie | Examens biologiques |
|---|---|---|---|
| 1er trimestre (avant 15 SA) | 1ʳe consultation + déclaration de grossesse + EPP | Écho T1 (11-13 SA) : datation, clarté nucale | Groupe sanguin, rhésus, toxoplasmose, rubéole, syphilis, hépatite B, VIH, glycémie à jeun (si facteurs de risque), marqueurs sériques T21 |
| 4e mois (15-19 SA) | 2e consultation | — | Toxoplasmose (si non immunisée), urine |
| 5e mois (20-24 SA) | 3e consultation | Écho T2 (20-25 SA) : morphologie | NFS (anémie), plaquettes, toxoplasmose, urine |
| 6e mois (24-28 SA) | 4e consultation | — | RAI (si Rh-), antigène HBs, HGPO (si facteurs de risque), NFS, toxoplasmose, urine |
| 7e mois (28-32 SA) | 5e consultation + début prépa naissance | — | Toxoplasmose, urine |
| 8e mois (32-36 SA) | 6e consultation + consultation anesthésiste (obligatoire) | Écho T3 (30-34 SA) : croissance, position | RAI (si Rh-), prélèvement vaginal streptocoque B (34-38 SA), NFS, toxoplasmose, urine |
| 9e mois (37-41 SA) | 7e consultation (bilan avant accouchement) | — | Toxoplasmose, urine, 2e détermination groupe sanguin |
La prise en charge financière des examens de grossesse
L’Assurance maladie prend en charge les examens de grossesse selon un calendrier précis. Du 1er au 5e mois, les consultations et examens sont remboursés à 70 % (le reste étant couvert par la mutuelle dans la plupart des cas). À partir du 6e mois de grossesse, la prise en charge passe à 100 % sur la base du tarif de la Sécurité sociale pour tous les examens liés à la grossesse. Les trois échographies recommandées sont remboursées, avec un tarif de référence d’environ 50 euros pour les deux premières et 82 euros pour la troisième. Un dépassement d’honoraires peut s’appliquer selon le praticien : vérifiez auprès de votre mutuelle la couverture de ces éventuels suppléments.
Un examen bucco-dentaire gratuit est également proposé à partir du 4e mois de grossesse et jusqu’au 6e mois après l’accouchement. Les bouleversements hormonaux favorisent en effet les gingivites et les caries, et certaines infections bucco-dentaires peuvent avoir des répercussions sur la grossesse. Ce bilan est pris en charge à 100 % par l’Assurance maladie.
Ce qu’il faut retenir
Le calendrier des examens de grossesse peut sembler chargé au premier abord, mais chaque rendez-vous a un rôle précis dans le suivi de votre santé et de celle de votre bébé. Toutes les grossesses ne nécessitent pas les mêmes examens : certains dépistages sont proposés en fonction de votre situation personnelle, et votre professionnel de santé adapte le suivi en conséquence. L’essentiel est de ne pas manquer les rendez-vous mensuels et de poser toutes vos questions lors des consultations. La grossesse est un processus physiologique naturel, et ce suivi médical est là pour accompagner, rassurer et prévenir. Si un examen vous inquiète ou si vous ne comprenez pas pourquoi il est prescrit, demandez des explications : c’est votre droit et c’est aussi le rôle de la personne qui vous suit.
FAQ
Les échographies de grossesse sont-elles obligatoires ?
En France, les 3 échographies ne sont pas strictement obligatoires au sens légal, mais elles sont fortement recommandées par la Haute Autorité de santé et prises en charge par l’Assurance maladie. La quasi-totalité des femmes enceintes les réalisent. Elles constituent un outil essentiel de dépistage et de surveillance du bon développement du bébé.
Combien de consultations prénatales sont obligatoires ?
Sept consultations prénatales sont obligatoires : la première avant la fin du 3e mois, puis une par mois du 4e au 9e mois de grossesse. Elles peuvent être réalisées par un médecin (généraliste ou gynécologue) ou une sage-femme. Les trois dernières consultations du dernier trimestre doivent idéalement être assurées par un gynécologue-obstétricien.
Le test du diabète gestationnel (HGPO) est-il systématique ?
Non, le dépistage du diabète gestationnel par HGPO n’est pas systématique. Il est recommandé uniquement en présence d’au moins un facteur de risque : âge supérieur ou égal à 35 ans, IMC supérieur ou égal à 25, antécédent de diabète gestationnel ou de macrosomie, antécédent familial de diabète de type 2. En l’absence de facteur de risque, ce test n’est pas prescrit en routine.
Et aussi sur avis-parents.com
- Grossesse mois par mois : l’évolution de bébé et de votre corps
- Prise de poids grossesse mois par mois : les repères
Sources
- Service-public.fr : Grossesse, examens médicaux
- Ameli.fr : Suivi mensuel de la grossesse
- HAS : Recommandations sur le suivi de grossesse
Dernière vérification : mars 2026
Cet article s’appuie sur les recommandations officielles des autorités de santé. Il ne remplace pas un avis médical. En cas de doute, consultez votre médecin ou pédiatre.

Journaliste de formation et père de quatre enfants, j’ai appris la parentalité comme beaucoup d’autres : en faisant, en me trompant parfois, et en ajustant au fil du quotidien.
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