Temps de lecture : 9 min | Mis à jour : avril 2026
Le congé maternité suscite beaucoup de questions dès le test de grossesse positif. Combien de temps dure-t-il exactement ? Quel montant vais-je percevoir ? Quelles démarches faut-il anticiper ? Les règles sont définies par le Code du travail et l’Assurance maladie, mais leur lecture reste parfois obscure. Ce guide rassemble toutes les informations officielles à jour pour 2026 : durées, indemnités, droits de la salariée, cas particuliers et démarches pas à pas.
Quelle est la durée du congé maternité en 2026 ?
La durée du congé maternité dépend du nombre d’enfants déjà à charge et du type de grossesse. Pour un premier ou deuxième enfant, il s’élève à 16 semaines : 6 semaines de congé prénatal (avant la date prévue de l’accouchement) et 10 semaines de congé postnatal (après la naissance). À partir du troisième enfant, la durée passe à 26 semaines : 8 semaines avant et 18 après. Pour une grossesse gémellaire, le congé atteint 34 semaines (12 avant, 22 après). En cas de triplés ou plus, il monte à 46 semaines (24 avant, 22 après). Lorsque le bébé arrive avant la date prévue, les jours prénataux non pris sont automatiquement ajoutés au congé postnatal. La durée totale reste inchangée.
Bon à savoir
Vous pouvez reporter jusqu’à 3 semaines de votre congé prénatal vers le postnatal, sur avis favorable de votre médecin ou sage-femme. Cette souplesse permet de travailler plus longtemps avant l’accouchement si votre état de santé le permet, et de profiter de davantage de temps après la naissance.
Comment sont calculées les indemnités journalières ?
Pendant le congé maternité, la Sécurité sociale verse des indemnités journalières (IJ) pour compenser la perte de salaire. Le calcul s’appuie sur la moyenne de vos trois derniers salaires bruts précédant le congé. Cette moyenne est divisée par 91,25, puis diminuée de 21 % au titre des cotisations salariales. Le résultat donne le montant journalier versé. En 2026, l’indemnité journalière peut aller de 11,12 euros minimum à 104,02 euros maximum par jour. Le plafond correspond à un salaire mensuel brut de 4 005 euros (plafond de la Sécurité sociale). Si votre salaire dépasse ce plafond, la différence peut être prise en charge par votre employeur selon votre convention collective. Certaines conventions prévoient un maintien de salaire intégral : renseignez-vous auprès de votre service RH ou consultez notre comparatif sur la mutuelle maternité pour optimiser votre couverture.
Quelles conditions pour bénéficier du congé maternité ?
Pour percevoir les indemnités journalières, vous devez remplir plusieurs conditions fixées par l’Assurance maladie. La première est d’être affiliée à la Sécurité sociale depuis au moins 10 mois à la date présumée de l’accouchement. La seconde porte sur votre activité : vous devez avoir travaillé au moins 150 heures au cours des 3 mois précédant le début du congé, ou avoir cotisé sur un salaire au moins égal à 1 015 fois le SMIC horaire au cours des 6 derniers mois. Les demandeuses d’emploi indemnisées par France Travail conservent leurs droits aux IJ maternité, calculées sur les salaires des 12 mois précédant la cessation d’activité. Les travailleuses indépendantes relèvent d’un régime spécifique : elles perçoivent une allocation forfaitaire de repos maternel (4 005 euros en 2026) et des IJ d’un montant maximal de 65,84 euros par jour, sous réserve d’avoir cessé leur activité pendant au moins 8 semaines.
Les démarches à effectuer
La première démarche est la déclaration de grossesse, à réaliser avant la fin de la 14e semaine d’aménorrhée. Votre médecin ou sage-femme établit le certificat de grossesse, qui est transmis à votre caisse d’assurance maladie et à votre CAF. C’est ce document qui déclenche vos droits au congé maternité et à la prime de naissance versée au 7e mois. Côté employeur, la loi ne fixe pas de délai légal pour l’informer, mais la pratique recommande de le faire avant la fin du 3e mois. Envoyez une lettre recommandée précisant la date présumée d’accouchement et les dates de début et fin de votre congé. L’attestation de salaire, nécessaire au versement des IJ, est ensuite établie par votre employeur et transmise à la CPAM. Ce versement démarre à la date de début du congé prénatal, sans délai de carence.
Congé pathologique : les semaines supplémentaires
En cas de grossesse difficile, votre médecin peut prescrire un congé pathologique prénatal. Ce congé supplémentaire dure jusqu’à 2 semaines (14 jours) et s’ajoute aux 6 semaines prénatales classiques. Il est indemnisé au même taux que les IJ maternité, ce qui le différencie d’un arrêt maladie classique. Après l’accouchement, un congé pathologique postnatal de 4 semaines supplémentaires peut également être prescrit en cas de complications (césarienne, pathologie néonatale, complications post-partum). En cumulant congé maternité et congé pathologique, une salariée attendant son premier enfant peut donc bénéficier de 22 semaines d’arrêt indemnisées au total. Si votre bébé est hospitalisé au-delà de la 6e semaine après la naissance, le congé postnatal peut être prolongé de la durée d’hospitalisation.
Attention
Le congé pathologique prénatal doit être prescrit avant le début du congé maternité. Il ne peut pas être morcelé : c’est un bloc de 14 jours maximum. Passé ce délai, tout arrêt supplémentaire relève du régime de l’arrêt maladie, indemnisé à un taux inférieur.
Vos droits pendant et après le congé maternité
La protection de la salariée enceinte est solide. Le licenciement est interdit pendant toute la durée du congé maternité et pendant les 10 semaines qui suivent son retour (article L1225-4 du Code du travail). Cette protection s’étend même à la période de grossesse, dès lors que l’employeur est informé. À votre retour, vous retrouvez votre poste ou un emploi équivalent, avec une rémunération au moins égale. L’employeur doit également vous proposer un entretien professionnel dans les semaines suivant la reprise. Ce moment est l’occasion de discuter de vos souhaits d’évolution, de formation ou d’aménagement du temps de travail. Et si vous envisagez de prolonger la pause après votre congé maternité, le congé de naissance puis le congé parental sont deux dispositifs qui prennent le relais.
Ce qu’il faut retenir
Le congé maternité 2026 reste structuré autour de durées fixées par la loi : 16 semaines pour un 1er ou 2e enfant, 26 semaines à partir du 3e, 34 semaines pour des jumeaux. Les indemnités journalières sont versées par la Sécurité sociale, jusqu’à 104,02 euros par jour. La déclaration de grossesse avant la 14e semaine déclenche l’ensemble des droits. Le congé pathologique ajoute jusqu’à 6 semaines supplémentaires en cas de complications. Et le licenciement est interdit pendant toute la durée du congé et les 10 semaines suivantes. En anticipant les démarches et en vérifiant votre convention collective, vous abordez cette période avec sérénité.
FAQ
Peut-on cumuler congé maternité et congé parental ?
Oui. Le congé parental d’éducation peut débuter immédiatement après le congé maternité. Il est ouvert à tout salarié justifiant d’un an d’ancienneté dans l’entreprise à la date de naissance de l’enfant. Sa durée initiale est d’un an, renouvelable jusqu’aux 3 ans de l’enfant. Pendant cette période, la CAF peut verser la PreParE, dont le montant dépend de la quotité de temps partiel choisie.
Congé maternité ou congé de naissance : quelle différence ?
Le congé de paternité et le congé de naissance sont des dispositifs distincts du congé maternité. Le congé de naissance (3 jours ouvrés) est pris par le second parent dans les jours suivant la naissance. Le congé maternité est réservé à la mère biologique. Les deux parents bénéficient de droits spécifiques et complémentaires.
Que se passe-t-il si l’accouchement est prématuré ?
Si l’accouchement survient avant la date prévue, les jours de congé prénatal non utilisés sont reportés après la naissance. La durée totale du congé reste identique. Si le bébé naît plus de 6 semaines avant terme et nécessite une hospitalisation, une période supplémentaire égale à la durée d’hospitalisation (dans la limite de la naissance jusqu’à la date initialement prévue du congé prénatal) s’ajoute au congé postnatal.
Les IJ maternité sont-elles imposables ?
Oui. Les indemnités journalières de maternité sont soumises à l’impôt sur le revenu. Elles sont préremplies dans votre déclaration de revenus. En revanche, elles ne sont pas soumises aux cotisations sociales salariales, ce qui explique l’abattement de 21 % appliqué lors du calcul.
Sources
- Service-public.fr – Congé de maternité d’une salariée
- Ameli.fr – Durée du congé maternité
- Ameli.fr – Indemnités journalières maternité
- Légifrance – Code du travail, articles L1225-1 à L1225-34
Dernière vérification : avril 2026
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Journaliste de formation et père de quatre enfants, j’ai appris la parentalité comme beaucoup d’autres : en faisant, en me trompant parfois, et en ajustant au fil du quotidien.
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