Temps de lecture : 9 min | Mis à jour : mars 2026
Le congé naissance 2026 est probablement la mesure la plus attendue par les jeunes parents cette année. Adopté le 16 décembre 2025 dans la loi de financement de la Sécurité sociale, ce nouveau droit permet à chaque parent de prolonger sa présence auprès de son bébé, avec une indemnisation bien supérieure à celle du congé parental classique.
Mais entre les conditions d’éligibilité, les montants, le calendrier et les démarches à accomplir, les questions sont nombreuses. Et pour les pères en particulier, prendre ce congé reste encore un sujet sensible en entreprise. Voici un point complet sur vos droits, les étapes concrètes pour en bénéficier, et ce que ce dispositif change vraiment pour les familles. Si vous attendez un enfant, pensez aussi à préparer votre coussin de grossesse pour les dernières semaines avant l’accouchement.
Qu’est-ce que le congé naissance 2026 ?
Le congé supplémentaire de naissance est un nouveau congé indemnisé créé par la LFSS 2026. Son principe est simple : permettre à chaque parent de disposer de 1 à 2 mois supplémentaires après son congé de maternité, de paternité ou d’adoption. Ce congé ne remplace aucun droit existant. Il vient s’y ajouter, et c’est une vraie nouveauté.
Chaque parent dispose de son propre droit, individuel et non transférable. Si l’un des parents ne prend pas ses mois, l’autre ne peut pas les récupérer. En revanche, les deux parents peuvent prendre leur congé en même temps ou en alternance. Ce dispositif s’inscrit dans la politique des 1 000 premiers jours portée par le ministère des Solidarités, avec l’objectif de renforcer l’égalité entre les femmes et les hommes dès l’arrivée d’un enfant.
Qui peut bénéficier du congé naissance 2026 ?
Le congé supplémentaire de naissance est ouvert à tous les parents actifs, quel que soit leur statut professionnel. Cela inclut les salariés du privé, les fonctionnaires, les militaires, les travailleurs indépendants, les non-salariés agricoles, les agents contractuels de droit public et les assurés des régimes spéciaux.
Trois conditions principales doivent être réunies. Premièrement, être parent d’un enfant né ou adopté à partir du 1er janvier 2026 (ou né prématurément alors que la naissance était prévue après cette date). Deuxièmement, avoir pris au préalable l’intégralité de son congé légal (maternité, paternité ou adoption). Troisièmement, cesser toute activité professionnelle pendant la durée du congé.
Bon à savoir
Les parents adoptants d’enfants arrivés au foyer entre le 1er janvier et le 30 juin 2026 sont également éligibles. Le congé ne remplace pas le congé parental d’éducation (PreParE) : les deux dispositifs peuvent être pris successivement, mais pas en même temps.
Durée et fractionnement du congé
La durée du congé est au choix du parent : 1 mois ou 2 mois. Si le parent opte pour 2 mois, il peut les prendre en continu ou les fractionner en deux périodes d’un mois non consécutives. Cette souplesse permet par exemple de reprendre le travail quelques semaines, puis de prendre un second mois plus tard pour faire la jonction avant l’entrée en mode de garde.
Le congé doit être pris dans un délai de 9 mois après la naissance ou l’arrivée de l’enfant au foyer. Ce délai est prolongé en cas de naissances multiples ou de dispositions conventionnelles plus favorables. Pour les enfants nés entre le 1er janvier et le 30 juin 2026, le délai court à partir du 1er juillet 2026, ce qui laisse jusqu’au 31 mars 2027 pour en profiter.
Quel montant d’indemnisation pour le congé naissance ?
L’indemnisation est dégressive et nettement plus avantageuse que la PreParE. Pour les salariés et agents publics, elle s’élève à 70 % du salaire net le premier mois, puis 60 % le second mois, dans la limite du plafond mensuel de la Sécurité sociale (4 005 euros en 2026). C’est la CPAM qui verse directement les indemnités. L’employeur n’a pas à maintenir le salaire, sauf si un accord d’entreprise le prévoit.
Pour mieux visualiser ce que cela représente par rapport aux autres congés, voici un tableau récapitulatif.
| Congé | Durée | Indemnisation | Obligatoire ? |
|---|---|---|---|
| Congé maternité | 16 semaines (1er enfant) | ~100 % du salaire net (IJ Sécu) | Oui (8 semaines min.) |
| Congé paternité | 25 jours calendaires | ~100 % du salaire net (IJ Sécu) | 4 jours obligatoires |
| Congé naissance 2026 | 1 à 2 mois par parent | 70 % puis 60 % du salaire net | Non |
| Congé parental (PreParE) | Jusqu’à 3 ans | ~428 euros/mois (forfait) | Non |
Attention
Le congé supplémentaire de naissance n’est pas cumulable avec la PreParE, ni avec le complément libre choix du mode de garde pour le même enfant, ni avec l’allocation journalière de présence parentale. En revanche, ces prestations peuvent être prises les unes après les autres.
Comment en bénéficier : les démarches étape par étape
Si vous êtes salarié, la procédure est relativement simple. Vous devez informer votre employeur au moins 1 mois avant la date de début souhaitée, en précisant trois choses : la date de début du congé, sa durée (1 ou 2 mois), et si vous optez pour un fractionnement en deux périodes. Ce délai est réduit à 15 jours si le congé est pris immédiatement après le congé de paternité ou d’adoption.
C’est ensuite votre employeur qui effectue la transmission auprès de la CPAM pour le calcul et le versement des indemnités journalières. Si vous êtes travailleur indépendant, la demande se fait directement auprès de votre CPAM de résidence. Pour les fonctionnaires, militaires et assurés des régimes spéciaux, des informations spécifiques seront disponibles sur service-public.gouv.fr.
Le gouvernement a prévenu que le déploiement rapide du dispositif pourrait entraîner des délais d’indemnisation plus longs dans les premières semaines. Des recrutements sont en cours dans les caisses de Sécurité sociale pour accélérer le traitement. Conseil pratique : n’attendez pas le dernier moment pour prévenir votre employeur, même si vous n’avez pas encore tous les détails.
Quelles protections pour le salarié en congé ?
Pendant toute la durée du congé supplémentaire de naissance, le contrat de travail est suspendu. Le salarié bénéficie d’une protection renforcée contre le licenciement, identique à celle du congé maternité ou paternité. L’employeur ne peut pas rompre le contrat, sauf en cas de faute grave ou d’impossibilité de maintien pour un motif étranger à la naissance de l’enfant.
À son retour, le salarié retrouve son poste ou un emploi équivalent avec une rémunération au moins identique. Il conserve ses droits liés à l’ancienneté pendant toute la durée du congé. Un entretien professionnel est également prévu au retour. Et surtout : l’employeur ne peut pas refuser la prise du congé si le délai de prévenance est respecté. C’est un droit, pas une demande d’autorisation.
Pères et congé naissance : le droit avance, les mentalités pas toujours
Sur le papier, le congé naissance 2026 est un progrès considérable pour l’égalité parentale. Dans les faits, prendre un congé en tant que père reste encore un parcours semé de regards appuyés et de remarques à peine voilées. Ce n’est pas de la théorie : c’est du vécu.
J’ai eu des enfants dans ma vingtaine, dans ma trentaine, et dans ma quarantaine. Trois décennies différentes, trois contextes professionnels différents. Et pourtant, le retour a toujours été le même. Un mélange de « c’est cool pour toi » et de soupirs qui disent « c’est quand même un peu relou pour l’équipe ». Personne ne vous le dit frontalement, mais le message passe. Et il pèse sur la décision de beaucoup de pères.
Ce nouveau congé ne changera les choses que si les pères le prennent massivement. Plus ils seront nombreux à le faire, plus ce sera perçu comme normal. Les premières prévisions tablent sur un taux de recours supérieur à 70 % chez les pères, grâce à l’indemnisation attractive. C’est encourageant. Mais si vous hésitez encore, rappelez-vous que ce congé est un droit protégé par la loi, que votre employeur ne peut pas le refuser, et que ces premières semaines avec votre enfant ne se rattrapent pas.
Ce qu’il faut retenir
Le congé naissance 2026 représente une avancée majeure pour les familles. Jusqu’à 2 mois supplémentaires par parent, une indemnisation à 70 % puis 60 % du salaire net, une protection contre le licenciement, un fractionnement possible et un droit non soumis à l’accord de l’employeur : le dispositif coche toutes les cases. Il est accessible à partir du 1er juillet 2026 pour toutes les naissances depuis le 1er janvier 2026. Anticipez vos démarches auprès de votre employeur et de votre CPAM dès maintenant, et n’hésitez pas à faire valoir vos droits, quel que soit votre genre.
FAQ
Le congé naissance 2026 est-il obligatoire ?
Non, le congé supplémentaire de naissance est entièrement facultatif. Chaque parent est libre de le prendre ou non. L’idée de le rendre obligatoire a été évoquée lors des débats parlementaires, mais n’a pas abouti. En revanche, l’employeur ne peut pas s’y opposer si le salarié respecte le délai de prévenance.
Congé naissance 2026 vs congé parental : quelle différence ?
Le congé supplémentaire de naissance dure 1 à 2 mois et est indemnisé à 70 % puis 60 % du salaire net. Le congé parental d’éducation (indemnisé par la PreParE) peut durer jusqu’à 3 ans mais n’offre qu’environ 428 euros par mois à taux plein. Les deux ne sont pas cumulables en même temps, mais peuvent se succéder.
Mon bébé est né en janvier 2026, suis-je éligible ?
Oui. Tous les parents d’enfants nés à partir du 1er janvier 2026 sont éligibles, y compris les naissances prématurées dont le terme était prévu après cette date. Vous pourrez faire votre demande dès le 1er juillet 2026 et disposez d’un délai exceptionnel jusqu’au 31 mars 2027.
L’employeur peut-il refuser le congé naissance ?
Non. Le congé supplémentaire de naissance est un droit. Le salarié doit simplement respecter le délai de prévenance (1 mois, ou 15 jours dans certains cas). L’employeur ne dispose d’aucun pouvoir de refus ou de report. Le texte de loi parle de « délai de prévenance », pas de « demande d’autorisation ».
Sources
- Service-public.fr – Création d’un congé supplémentaire de naissance
- Ameli.fr – Qu’est-ce que le congé supplémentaire de naissance ?
- Ministère des Solidarités – Congé supplémentaire de naissance
- CAF – Tout savoir sur le congé supplémentaire de naissance
Dernière vérification : mars 2026
Cet article s’appuie sur les textes législatifs en vigueur (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025) et les informations officielles des autorités de santé et de protection sociale. Il ne remplace pas un avis juridique. En cas de doute, consultez votre CPAM, votre employeur ou un conseiller juridique.
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Journaliste de formation et père de quatre enfants, j’ai appris la parentalité comme beaucoup d’autres : en faisant, en me trompant parfois, et en ajustant au fil du quotidien.
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