Réponse directe : À compter du 20 novembre 2026, les règles du crédit à la consommation s’étendent aux crédits gratuits, aux mini-crédits de moins de 200 €, au paiement fractionné de moins de 3 mois, aux crédits de 75 000 à 100 000 € et aux locations avec option d’achat. La publicité devra porter la mention d’avertissement, et vanter la facilité d’obtention sera interdit.
En bref
- Entrée en vigueur au 20 novembre 2026, en transposition de la directive européenne 2023/2225.
- Mini-crédits sous 200 €, paiement fractionné sous 3 mois et LOA entrent dans le champ protecteur.
- Publicité encadrée : mention d’avertissement obligatoire, promotion de la facilité d’obtention interdite.
Temps de lecture : 4 min · Mis à jour : 14 août 2026
Le paiement en trois fois s’est glissé partout : la trottinette de la rentrée, le séjour linguistique, les lunettes du grand. Beaucoup de familles l’utilisent sans le considérer comme un crédit, ce qu’il est pourtant. À partir du 20 novembre 2026, le crédit à la consommation change de périmètre et absorbe ces formules restées jusqu’ici dans une zone grise. La réforme vient d’une directive européenne, et elle arrive alors que la Banque de France constate une remontée des dossiers de surendettement. Voici ce qu’elle change concrètement.
Les formules qui entrent dans le champ du crédit à la consommation
Cinq catégories rejoignent le régime protecteur. Les crédits sans frais ni intérêts, dits crédits gratuits, ou assortis de frais négligeables. Les crédits de moins de 200 €, appelés mini-crédits. Les crédits courts de moins de trois mois avec frais négligeables, ce qui vise le paiement fractionné ou différé.
S’y ajoutent les crédits à la consommation compris entre 75 000 et 100 000 €, jusqu’ici hors périmètre, et les contrats de location avec option d’achat, très répandus pour l’automobile.
Une exception subsiste : les cartes à débit différé restent exemptées. La distinction tient au fait qu’elles reposent sur un débit reporté, sans mise à disposition de fonds au sens du crédit.
| Formule | Avant | À partir du 20 novembre 2026 |
|---|---|---|
| Mini-crédit sous 200 € | Hors champ | Encadré |
| Paiement en 3 ou 4 fois | Hors champ | Encadré |
| Crédit de 75 000 à 100 000 € | Hors champ | Encadré |
| Location avec option d’achat | Hors champ | Encadré |
| Carte à débit différé | Hors champ | Reste exemptée |
Publicité, solvabilité, accompagnement : les trois leviers
Sur la publicité, la règle devient explicite. Toute communication devra être claire, loyale et non trompeuse, et comporter la mention « Attention ! Un crédit coûte de l’argent et doit être remboursé ! ». Mettre en avant la facilité d’obtention d’un crédit sera interdit.
Sur la solvabilité, les établissements pourront consulter le fichier national des incidents de remboursement, même pour de petits montants, afin d’évaluer la situation de l’emprunteur et de l’alerter en cas de difficultés. Cette consultation reste facultative.
Un décret du 1er août 2026 impose en outre la traçabilité de cette analyse : la banque devra pouvoir démontrer comment elle a évalué la situation. S’y ajoutent une orientation gratuite des clients en difficulté vers des services de conseil aux personnes endettées, des délais de rétractation allongés en cas de manquement du prêteur à ses obligations d’information, et des conditions préférentielles de remboursement anticipé.
Bon à savoir : les textes derrière la réforme
L’ordonnance du 3 septembre 2025 transpose la directive européenne 2023/2225 du 18 octobre 2023. Deux décrets complètent le dispositif : celui du 19 février 2026 sur la transparence des offres, celui du 1er août 2026 sur l’analyse de solvabilité.
Pourquoi cette réforme arrive maintenant
Les chiffres de la Banque de France éclairent le calendrier. En 2025, 148 013 dossiers de surendettement ont été déposés auprès des commissions départementales, en hausse de 9,8 % sur un an, soit 13 210 dossiers de plus qu’en 2024. La tendance se poursuit : sur les cinq premiers mois de 2026, les dépôts progressent de 10,7 %.
L’endettement total des ménages surendettés atteint 5 milliards d’euros, dont 44 % de dettes de consommation et 13,4 % de charges courantes. Autrement dit, le crédit à la consommation reste le premier poste des dossiers.
Les profils concernés parlent d’eux-mêmes pour un site de parents. Les familles monoparentales figurent parmi les plus exposées, avec les personnes seules et les personnes en recherche d’emploi. Par ailleurs, 62 % des ménages surendettés vivent sous le seuil de pauvreté, contre 15 % dans l’ensemble de la population.
Attention : la hausse ne traduit pas un retour aux années 2010
Malgré la progression récente, le nombre de dossiers déposés en 2025 reste inférieur de 32 % à celui de 2015. Les accidents de vie, perte d’emploi, séparation, problème de santé, demeurent le principal facteur de bascule.
Ce que vous pouvez faire d’ici novembre
D’abord, faites l’inventaire. Additionnez les paiements fractionnés en cours, souvent invisibles parce qu’ils sont éclatés entre plusieurs marchands et prélevés à des dates différentes. Beaucoup de familles découvrent trois ou quatre échéanciers simultanés.
Ensuite, méfiez-vous du crédit renouvelable adossé à une carte de magasin. Il reste le produit le plus coûteux du marché, et sa mise en avant en caisse deviendra plus difficile après le 20 novembre.
Enfin, si les échéances deviennent difficiles à tenir, la commission de surendettement de la Banque de France statue sur la recevabilité en un peu plus d’un mois et propose une solution en environ quatre mois. Saisir tôt vaut mieux que multiplier les découverts.
Un dernier point mérite d’être posé sans détour, car il touche à l’éducation autant qu’au budget. Un adolescent qui voit ses parents payer tout en plusieurs fois intègre cette pratique comme la norme. Expliquer une fois le coût réel du crédit à la consommation, chiffres à l’appui, vaut mieux qu’un long discours sur l’argent de poche.
Ce qu’il faut retenir
- Le crédit à la consommation étend son périmètre au 20 novembre 2026.
- Mini-crédits, paiement fractionné, LOA et crédits jusqu’à 100 000 € deviennent encadrés.
- Publicité encadrée, analyse de solvabilité traçable, orientation gratuite en cas de difficulté.
- 148 013 dossiers de surendettement déposés en 2025, dont 44 % de dettes de consommation.
FAQ
Le paiement en 3 fois devient-il un crédit à la consommation ?
Oui, à compter du 20 novembre 2026. Les crédits courts de moins de trois mois assortis de frais négligeables entrent dans le champ protecteur, avec information précontractuelle et encadrement de la publicité, même si les formalités restent allégées.
Mes contrats en cours sont-ils concernés ?
Les nouvelles obligations s’appliquent aux offres proposées à compter du 20 novembre 2026. Vos contrats déjà signés continuent de suivre les règles en vigueur au moment de leur souscription.
Quel délai de rétractation s’applique ?
L’actualité officielle indique que les délais de rétractation seront allongés en cas de non-respect par le prêteur de ses obligations d’information contractuelle, sans préciser de durée. Vérifiez la mention exacte sur votre offre avant de signer.
Comment saisir la commission de surendettement ?
Le dossier se dépose auprès de la Banque de France, en ligne ou en agence. La commission statue sur la recevabilité en un peu plus d’un mois et propose une solution en quatre mois environ. La démarche est gratuite.
Sources
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Olivier, fondateur d’avis-parents.com, journaliste de formation et papa de 4 enfants.

Journaliste de formation et père de quatre enfants, j’ai appris la parentalité comme beaucoup d’autres : en faisant, en me trompant parfois, et en ajustant au fil du quotidien.
Sur avis-parents.com, j’essaie de partager des contenus utiles, clairs et honnêtes, pour aider les parents à mieux comprendre certaines situations, sans donner de leçons ni promettre de solutions miracles.
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