Réponse directe : Pour un enfant dys, le dispositif adapté est le plan d’accompagnement personnalisé, le PAP. Il se demande à tout moment par les parents, se fonde sur l’avis du médecin de l’Éducation nationale, se révise chaque année et ouvre des aménagements qui s’appliquent aussi aux examens. Le PPS relève de la MDPH, le PAI d’une pathologie, le PPRE d’une difficulté scolaire sans trouble.
En bref
- PAP : troubles des apprentissages, demande possible par les parents à tout moment, avis du médecin scolaire.
- PPS : handicap reconnu par la MDPH, seul dispositif ouvrant droit à une aide humaine AESH.
- PAI : pathologie ou allergie. PPRE : difficulté scolaire ponctuelle, sans dimension médicale.
Temps de lecture : 5 min · Mis à jour : 14 août 2026
Quatre sigles, quatre logiques, et beaucoup de familles qui frappent à la mauvaise porte. Quand on cherche des aménagements pour un enfant dys, la première erreur consiste souvent à monter un dossier MDPH alors qu’un plan plus simple suffirait, ou à l’inverse à se contenter d’un arrangement oral avec l’enseignant. Chacun de ces documents répond à une situation précise, avec un demandeur, un validant et un calendrier différents. Voici le tri, avec les textes officiels derrière chaque case.
Le PAP, le dispositif taillé pour un enfant dys
Le plan d’accompagnement personnalisé vise les élèves du premier comme du second degré qui connaissent des difficultés scolaires durables liées à un ou plusieurs troubles des apprentissages, dyslexie et bégaiement compris. Il a été introduit par la loi du 8 juillet 2013, à l’article L. 311-7 du code de l’éducation.
Sa force tient au mode de déclenchement. Il peut être proposé par le conseil des maîtres ou le conseil de classe, mais aussi demandé à tout moment de la scolarité par les parents. Vous n’avez donc pas à attendre un conseil de classe de fin de trimestre.
Le constat des troubles est fait par le médecin de l’Éducation nationale, au vu de son examen et des bilans psychologiques ou paramédicaux réalisés. Il rend un avis sur la pertinence du plan, que l’équipe pédagogique élabore ensuite avec les parents. La MDPH n’intervient à aucun moment.
L’article D. 311-13 précise que le PAP est révisé tous les ans, et qu’il se substitue à un éventuel PPRE. Le document est organisé par cycles, de la maternelle au lycée, afin d’éviter une rupture des aménagements au changement d’établissement.
Bon à savoir : les aménagements suivent jusqu’aux examens
Éduscol indique que le PAP permet des aménagements et des adaptations qui s’appliquent également aux examens. Les demandes se déposent via l’application INCLUSCOL, avec une réglementation commune à tous les examens de l’enseignement scolaire.
Quand basculer vers un PPS, et ce que cela change
Le projet personnalisé de scolarisation concerne les élèves reconnus en situation de handicap par la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées. Il est élaboré par l’équipe pluridisciplinaire de la MDPH, sur la base de l’outil d’évaluation GEVA-Sco.
La différence pratique est nette. Seul le PPS ouvre l’accès au matériel pédagogique adapté financé, au dispositif d’appui médico-social et surtout à l’aide humaine, c’est-à-dire l’accompagnement par un AESH. Un enfant dys avec un PAP ne peut pas y prétendre.
Éduscol indique la ligne de bascule : les familles peuvent saisir la MDPH lorsque les aménagements et adaptations pédagogiques ne suffisent plus à répondre aux besoins et relèvent d’un handicap. Ce n’est donc pas une question de gravité du diagnostic, mais d’insuffisance des aménagements déjà mis en place.
Les chiffres de la DEPP donnent l’échelle du dispositif : 563 400 élèves en situation de handicap en 2024, soit 4,7 % des élèves, contre 232 400 en 2006. Dans le second degré, les troubles du langage et de la parole représentent 23,6 % des situations.
Le PAI et le PPRE, les deux cases qu’on confond souvent
Le projet d’accueil individualisé concerne les pathologies chroniques, les maladies invalidantes et les allergies, avec un avis médical à l’appui. Il est sollicité par le médecin scolaire, le chef d’établissement ou le directeur d’école, et associe le médecin et l’infirmier de l’Éducation nationale.
Son objet est différent d’un aménagement pédagogique : il organise le traitement médical, le régime alimentaire et le protocole d’urgence. Un enfant asthmatique ou allergique aux arachides relève d’un PAI, pas d’un PAP.
Le programme personnalisé de réussite éducative, lui, répond à une maîtrise insuffisante de certaines connaissances, confirmée par une évaluation pédagogique. Aucun médecin, aucune MDPH. Il cible des aménagements sur une courte période, et disparaît dès qu’un PAP est mis en place.
| Dispositif | Motif | Qui valide |
|---|---|---|
| PAP | Trouble des apprentissages | Médecin de l’Éducation nationale |
| PPS | Handicap reconnu | CDAPH via la MDPH |
| PAI | Pathologie, allergie | Médecin scolaire |
| PPRE | Difficulté scolaire | Équipe pédagogique |
Comment lancer la démarche en pratique
Écrivez au directeur d’école ou au chef d’établissement, en demandant explicitement la mise en place d’un PAP et en joignant les bilans dont vous disposez. Le courrier déclenche la saisine du médecin de l’Éducation nationale, qui reste le maillon décisif.
Anticipez le calendrier. Les médecins scolaires sont peu nombreux et leurs délais d’examen s’allongent en début d’année, tandis qu’une demande déposée en août ou début septembre a plus de chances d’aboutir avant les vacances de la Toussaint.
Les quatre dispositifs sont désormais formalisés dans le livret de parcours inclusif, une application accessible aux enseignants, chefs d’établissement, médecins scolaires et professionnels des MDPH. Demandez à consulter ce qui a été saisi pour votre enfant : cela évite les documents perdus au changement d’école.
Enfin, gardez copie de tout. Un enfant dys change d’établissement plusieurs fois au cours de sa scolarité, et l’historique des aménagements accordés vaut souvent mieux qu’un nouveau bilan à refaire.
Attention : aucun chiffre officiel du nombre de PAP
Les enquêtes de la DEPP ne couvrent que le périmètre PPS. Les données publiées sur les 563 400 élèves ne concernent donc pas les élèves sous PAP, dont le nombre n’est pas rendu public.
Ce qu’il faut retenir
- Pour un enfant dys, le PAP est le dispositif de référence : demande des parents possible à tout moment.
- Le PAP repose sur l’avis du médecin de l’Éducation nationale et se révise chaque année.
- Seul le PPS, via la MDPH, ouvre droit à un AESH et au matériel pédagogique adapté.
- Le PAI vise une pathologie ou une allergie, le PPRE une difficulté scolaire sans trouble diagnostiqué.
FAQ
Faut-il un bilan orthophonique pour obtenir un PAP ?
Le texte parle d’un constat de troubles fait par le médecin de l’Éducation nationale, au vu de son examen et, le cas échéant, des bilans psychologiques et paramédicaux réalisés. Un bilan orthophonique n’est donc pas exigé formellement, mais il facilite grandement l’instruction du dossier.
Un enfant dys peut-il bénéficier d’un AESH avec un PAP ?
Non. L’aide humaine relève du projet personnalisé de scolarisation, décidé par la CDAPH après saisine de la MDPH. Si les aménagements pédagogiques du PAP ne suffisent plus, c’est le moment de constituer un dossier MDPH.
Le PAP suit-il l’élève au collège puis au lycée ?
Oui, c’est même sa raison d’être. Le document est organisé par cycles, de la maternelle au lycée, et il est réactualisé chaque année pour éviter une rupture dans les aménagements lors des changements d’établissement.
Que faire si l’école refuse de mettre en place un PAP ?
Demandez par écrit la saisine du médecin de l’Éducation nationale, qui est le seul à pouvoir rendre l’avis requis. En cas de blocage, l’inspecteur de l’Éducation nationale de circonscription puis le médiateur académique peuvent être saisis.
Sources
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Olivier, fondateur d’avis-parents.com, journaliste de formation et papa de 4 enfants.

Journaliste de formation et père de quatre enfants, j’ai appris la parentalité comme beaucoup d’autres : en faisant, en me trompant parfois, et en ajustant au fil du quotidien.
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