Réponse directe : Selon l’ANSM, un dépassement ponctuel de quelques jours à quelques semaines de la température indiquée sur la boîte n’a pas de conséquence sur la stabilité des médicaments à conserver sous 25 ou 30 °C. La vraie règle porte sur l’aspect : tout produit dont l’apparence est visiblement modifiée ne doit pas être utilisé. Le coffre d’une voiture au soleil reste le point noir.
En bref
- Un dépassement ponctuel de 25 ou 30 °C ne dégrade pas les médicaments courants, selon l’ANSM.
- Le critère de décision est visuel : aspect modifié, produit écarté. Cela vise suppositoires, ovules et crèmes.
- Les médicaments du réfrigérateur y retournent ; les autres restent dans leur boîte, à l’abri du soleil.
Temps de lecture : 4 min · Mis à jour : 14 août 2026
La scène se répète chaque été : la trousse à pharmacie oubliée dans le coffre pendant que la famille déjeune, et la question au retour. Faut-il jeter le flacon de paracétamol ? Beaucoup de parents préfèrent tout jeter par précaution, ce qui coûte cher et laisse parfois sans traitement à 22 h. Sur la question des médicaments et chaleur, l’ANSM a publié des recommandations précises, et elles sont plus rassurantes qu’on ne le croit. Reste un cas où la prudence s’impose vraiment, et il ne concerne pas les sirops.
Trois catégories, trois comportements différents
L’ANSM distingue trois familles. Les médicaments à conserver entre 2 et 8 °C vont au réfrigérateur, et doivent être utilisés assez rapidement une fois sortis. Les médicaments à conserver sous 25 ou 30 °C se gardent chez soi, dans leur boîte, sans exposition au soleil. Les médicaments sans mention particulière se conservent à température ambiante.
Pour la deuxième catégorie, la formulation officielle est nette : « le dépassement ponctuel, de quelques jours à quelques semaines, de ces températures n’a pas de conséquence sur la stabilité ou la qualité de ces médicaments ». Les épreuves de stabilité montrent une absence de dégradation après plusieurs semaines à 40 °C constants.
Pour la troisième catégorie, la marge est encore plus large : absence de dégradation après six mois à 40 °C. Autrement dit, la boîte de paracétamol oubliée sur le rebord de la fenêtre pendant une semaine reste utilisable.
Attention : le réfrigérateur n’est pas une solution de repli
Un médicament prévu pour être conservé sous 25 °C n’a rien à faire au frigo. Cette pratique, courante en été, peut au contraire perturber certaines formes galéniques. Seuls les produits portant la mention 2 à 8 °C y ont leur place.
Médicaments et chaleur : le vrai critère, c’est l’aspect
L’ANSM le formule en une phrase applicable par tous : « tout produit dont l’apparence extérieure est visiblement modifiée ne devrait pas être utilisé », cette altération pouvant indiquer une modification des propriétés de la forme pharmaceutique.
Les formes visées sont nommées : suppositoires, ovules, crèmes. Un suppositoire ramolli ou déformé se jette, sans hésiter et sans passer par la case congélateur. Une crème qui a déphasé, avec une phase huileuse séparée, se jette également.
Un sirop reste plus fragile qu’un comprimé, car les échanges thermiques avec l’air ambiant sont plus rapides pour une solution que pour une forme solide. Cependant l’ANSM ne demande pas de le jeter après un simple épisode chaud : le critère reste le même, l’aspect, la couleur, l’odeur.
Bon à savoir : le cas des stylos d’insuline et des biothérapies
Pour un médicament biologique en présentation multidose conservé hors réfrigérateur après ouverture, l’ANSM recommande de contacter le laboratoire dont les coordonnées figurent sur l’emballage, éventuellement avec l’aide du pharmacien.
Le coffre de voiture, le seul point vraiment problématique
C’est le point sur lequel l’agence insiste le plus. Sa recommandation vise expressément « le coffre ou l’habitacle d’une voiture qui reste en plein soleil, même en mouvement ». Dans un véhicule fermé au soleil, la température dépasse largement les 40 °C testés en stabilité.
La parade tient en un objet : un emballage isotherme non réfrigéré pour les médicaments courants, un emballage isotherme réfrigéré avec blocs de glace pour ceux du réfrigérateur, en veillant à ce qu’ils ne congèlent pas.
Concrètement, une pochette isotherme souple posée sous un siège coûte quelques euros et règle la question pour tout un été de trajets. Elle protège aussi les préparations pour biberon et les compotes en gourde, ce qui n’est pas inutile.
Ce que la chaleur change dans l’usage, pas seulement dans le stockage
L’ANSM ajoute un avertissement moins connu. Après une exposition à de fortes chaleurs, l’automédication est déconseillée : « même les plus courants comme le paracétamol et les AINS peuvent aggraver les symptômes d’un coup de chaleur ».
Le coup de chaleur est défini par une température corporelle au-delà de 40 °C, associée à des troubles neurologiques graves comme le délire ou les convulsions, avec une installation en une à six heures. C’est une urgence médicale, pas un mal de tête à traiter au comprimé.
Santé publique France recommande par ailleurs de vérifier le contenu de la boîte à pharmacie avant l’été : thermomètre médical non frontal, paracétamol, solution de réhydratation orale. Au-delà de 38 °C chez l’enfant, le paracétamol est à privilégier, sans ibuprofène ni aspirine, dans l’attente d’un avis médical.
Une dernière habitude fait gagner du temps. Faites le tri de la trousse familiale début juillet, puisque c’est le moment où les dates de péremption se rattrapent et où les flacons entamés l’hiver précédent se retrouvent inutilisables. Vous saurez ainsi ce qui manque avant de partir, plutôt que de chercher une pharmacie de garde à 200 kilomètres de chez vous.
Ce qu’il faut retenir
- Sur la question des médicaments et chaleur, un dépassement ponctuel de 25 ou 30 °C ne dégrade pas les produits courants.
- Le critère de décision est visuel : aspect modifié, produit écarté. Suppositoires et crèmes en premier.
- Le coffre de voiture au soleil reste le seul vrai danger : utilisez une pochette isotherme.
- Après une exposition à la chaleur, pas d’automédication : paracétamol et AINS peuvent aggraver un coup de chaleur.
FAQ
Mon flacon de paracétamol pédiatrique est resté 3 h dans la voiture, est-il perdu ?
Regardez-le avant de décider. Si la couleur, l’odeur et la texture sont inchangées et que le flacon n’a pas gonflé, l’ANSM considère qu’un dépassement ponctuel n’altère pas la qualité. En cas de doute, votre pharmacien tranchera en trente secondes.
Faut-il mettre les médicaments et chaleur au réfrigérateur en été ?
Non, sauf mention « à conserver entre 2 et 8 °C » sur la boîte. Les autres se gardent dans leur emballage d’origine, à l’abri du soleil et de l’humidité. La salle de bain reste d’ailleurs le pire endroit de la maison, été comme hiver.
Un suppositoire ramolli peut-il être remis au frais ?
Ce n’est pas recommandé. L’ANSM retient l’aspect comme signal d’alerte : une forme visiblement modifiée peut avoir perdu ses propriétés, même si elle redurcit. Mieux vaut le jeter et utiliser une autre forme galénique.
Où rapporter les médicaments abîmés ?
En pharmacie, via le dispositif Cyclamed, qui collecte les médicaments non utilisés ou périmés. Videz les emballages carton et les notices dans le tri papier, et rapportez uniquement les blisters, flacons et tubes.
Sources
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Olivier, fondateur d’avis-parents.com, journaliste de formation et papa de 4 enfants.

Journaliste de formation et père de quatre enfants, j’ai appris la parentalité comme beaucoup d’autres : en faisant, en me trompant parfois, et en ajustant au fil du quotidien.
Sur avis-parents.com, j’essaie de partager des contenus utiles, clairs et honnêtes, pour aider les parents à mieux comprendre certaines situations, sans donner de leçons ni promettre de solutions miracles.
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