Réponse directe : Santé publique France s’appuie sur deux enquêtes complémentaires, Enabee pour les 6-11 ans et EnCLASS pour les adolescents, afin de suivre la santé mentale des jeunes. La santé mentale a été déclarée priorité nationale en 2025, avec une prolongation en 2026.
En bref
- Deux enquêtes de référence : Enabee pour l’enfance, EnCLASS pour l’adolescence.
- La santé mentale a été déclarée priorité nationale en 2025 et prolongée en 2026.
- Les compétences psychosociales à l’école font partie des leviers privilégiés.
Temps de lecture : 4 min · Mis à jour : 10 août 2026
Le sujet a longtemps été traité comme un problème d’adolescents. Les données récentes montrent qu’il commence bien plus tôt. La santé mentale des enfants fait désormais l’objet d’un suivi statistique organisé par Santé publique France, à travers deux enquêtes qui se complètent : Enabee côté enfance et EnCLASS côté collège et lycée. Ensemble, elles offrent une vue continue de 6 à 18 ans, ce qui n’existait pas auparavant en France. La santé mentale a par ailleurs été déclarée priorité nationale en 2025, avec une prolongation en 2026. Voici ce que ces travaux apportent aux parents et quels signaux méritent attention.
Deux enquêtes pour suivre la santé mentale des enfants
Enabee porte sur le bien-être et la santé mentale des enfants scolarisés à l’école élémentaire. Elle interroge les enfants eux-mêmes, ainsi que leurs parents et leurs enseignants, ce qui permet de croiser les regards.
EnCLASS prend le relais au collège et au lycée. Menée à intervalles réguliers, elle documente les comportements de santé des adolescents, leur bien-être perçu et leurs relations avec les adultes et les pairs.
L’intérêt de cette continuité tient à la comparaison dans le temps. Suivre une génération de l’entrée en CP jusqu’au bac permet de repérer les moments où les difficultés apparaissent, plutôt que de constater les dégâts à 16 ans.
Ces enquêtes ont aussi une valeur défensive. Elles fournissent une base solide face aux chiffres alarmistes qui circulent en ligne, souvent tirés d’échantillons réduits ou d’enquêtes commerciales. Quand un pourcentage vous inquiète, vérifier sa source d’origine reste le premier réflexe utile.
Bon à savoir : les données sont publiques et consultables
Santé publique France publie ses résultats en accès libre sur son site. Les rapports détaillent les méthodologies et les limites, ce qui permet de replacer les chiffres relayés dans les médias dans leur contexte réel.
Une priorité nationale qui se traduit à l’école
La santé mentale a été érigée en grande cause nationale en 2025, avec une prolongation de la mobilisation en 2026. Cette décision a débloqué des moyens de prévention, notamment dans le champ scolaire.
Santé publique France mise particulièrement sur le développement des compétences psychosociales à l’école. Ces compétences couvrent la gestion des émotions, la résolution de conflits, la capacité à demander de l’aide et à formuler un désaccord.
L’agence a publié un référentiel théorique dès 2022, complété par un cadre opérationnel et des ressources diffusées en 2025 puis en 2026. L’objectif consiste à outiller les enseignants, pas à ajouter une matière de plus.
Pour les familles, cette orientation a une conséquence pratique. Un enfant qui apprend à nommer ce qu’il ressent en classe le fera plus facilement à la maison. Le travail sur la santé mentale des enfants ne se joue donc pas uniquement dans un cabinet, mais dans le vocabulaire disponible au quotidien.
Les signaux qui doivent alerter un parent
Le premier signal est le changement, plus que l’état lui-même. Un enfant discret depuis toujours n’inquiète pas de la même façon qu’un enfant sociable devenu silencieux en quelques semaines.
Surveillez ensuite les manifestations physiques : maux de ventre répétés le matin, troubles du sommeil, perte d’appétit, fatigue inhabituelle. Chez les enfants, la souffrance psychique s’exprime souvent par le corps avant les mots.
Le retrait des activités qui plaisaient constitue un troisième indicateur. Un enfant qui abandonne son sport, ses jeux ou ses copains sans raison identifiable mérite une conversation, puis un avis médical si la situation dure.
Attention : une difficulté qui dure plus de quelques semaines se signale
Un passage à vide de quelques jours fait partie du développement normal. En revanche, des troubles qui persistent au-delà de deux à trois semaines et qui affectent le sommeil, l’appétit, l’école ou les relations justifient un avis auprès du médecin traitant.
Vers qui se tourner concrètement
Le médecin traitant ou le pédiatre reste la porte d’entrée la plus simple. Il évalue la situation, écarte une cause organique et oriente si nécessaire vers un professionnel adapté.
Le dispositif public de prise en charge de séances chez un psychologue permet un accompagnement remboursé, sur adressage. Les modalités et le nombre de séances évoluent régulièrement, renseignez-vous auprès de l’Assurance maladie.
À l’école, le psychologue de l’éducation nationale et l’infirmière scolaire constituent des interlocuteurs souvent sous-utilisés par les familles. Ils connaissent l’enfant dans son cadre scolaire, ce qui apporte un éclairage différent du vôtre.
Une remarque enfin, pour les parents qui hésitent à consulter. Demander un avis ne revient pas à poser une étiquette sur son enfant. Beaucoup de situations se règlent en deux ou trois rendez-vous, parfois avec un simple ajustement du rythme de vie ou du sommeil. Attendre que la difficulté s’installe rend le travail nettement plus long.
Ce qu’il faut retenir
- Enabee et EnCLASS documentent la santé mentale des enfants de l’école élémentaire au lycée.
- La santé mentale a été déclarée priorité nationale en 2025 et la mobilisation prolongée en 2026.
- Le changement de comportement compte plus que l’état lui-même comme signal d’alerte.
- Médecin traitant, psychologue de l’éducation nationale et infirmière scolaire sont les premiers relais.
FAQ
Comment évaluer la santé mentale des enfants avec l’enquête Enabee ?
Il s’agit d’une enquête nationale menée par Santé publique France sur le bien-être et la santé mentale des enfants scolarisés à l’école élémentaire. Elle recueille le point de vue des enfants, des parents et des enseignants.
À partir de quel âge peut-on parler de troubles psychiques chez l’enfant ?
Des difficultés peuvent être repérées dès la maternelle, même si le diagnostic formel se pose plus tard. Les professionnels privilégient l’observation du fonctionnement quotidien de l’enfant plutôt qu’une étiquette posée trop tôt.
Que sont les compétences psychosociales ?
Elles regroupent les aptitudes qui permettent de gérer ses émotions, d’entrer en relation, de résoudre des conflits et de demander de l’aide. Santé publique France les considère comme un levier de prévention dès le plus jeune âge.
Les écrans sont-ils responsables de la dégradation observée ?
Les travaux disponibles montrent des corrélations, pas une causalité simple. Les usages, les contenus, le contexte familial et le sommeil interagissent. Réduire le sujet à une cause unique ne correspond pas à l’état actuel des connaissances.
Sources
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Olivier, fondateur d’avis-parents.com, journaliste de formation et papa de 4 enfants.

Journaliste de formation et père de quatre enfants, j’ai appris la parentalité comme beaucoup d’autres : en faisant, en me trompant parfois, et en ajustant au fil du quotidien.
Sur avis-parents.com, j’essaie de partager des contenus utiles, clairs et honnêtes, pour aider les parents à mieux comprendre certaines situations, sans donner de leçons ni promettre de solutions miracles.
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