Réponse directe : partager des photos de vos enfants sur les réseaux n’a plus rien d’anodin. Depuis la loi du 19 février 2024, les parents doivent veiller au respect de la vie privée de leur enfant et l’associer aux décisions selon son âge. En moyenne, un enfant a déjà 1 300 images de lui en ligne avant ses 13 ans.
En bref
1. La loi inscrit noir sur blanc le droit à l’image de l’enfant dans le Code civil.
2. 53 % des parents français ont déjà publié du contenu sur leurs enfants en ligne.
3. En cas de désaccord, le juge aux affaires familiales peut interdire à un parent de diffuser ces images.
Temps de lecture : 5 min · Mis à jour : 11 juin 2026
Le premier matin à la plage, le sourire édenté devant le château de sable, le fou rire dans la piscine. L’été est la saison reine des photos de famille, et la tentation de partager les photos de vos enfants avec les proches est forte. Pourtant, ce geste devenu réflexe a désormais un cadre légal précis. Le terme anglais « sharenting », contraction de partage et de parentalité, désigne cette diffusion, et le législateur français s’en est saisi.
Ce que change la loi de février 2024
La loi du 19 février 2024 a inscrit dans le Code civil que la vie privée de l’enfant, y compris son droit à l’image, relève de l’autorité parentale. Autrement dit, les parents ne sont plus seulement libres de publier : ils sont garants de cette protection. Le texte précise même qu’ils doivent associer l’enfant à l’exercice de ce droit, selon son âge et son degré de maturité.
Concrètement, dès qu’un enfant est en âge de comprendre, son avis compte avant de mettre en ligne une image de lui. Ce principe paraît évident, mais il bouscule une habitude bien ancrée, puisque 53 % des parents reconnaissent avoir déjà partagé du contenu sur leurs enfants.
Pourquoi diffuser des photos de vos enfants n’est pas sans risque
Une photo postée échappe vite à son auteur. Elle peut être enregistrée, recadrée, sortie de son contexte. La CNIL alerte sur plusieurs dérives : usurpation d’identité, chantage, cyberharcèlement, voire détournement des images vers des réseaux pédopornographiques. Ces cas restent minoritaires, mais ils existent, et c’est précisément ce qui a motivé le renforcement de la loi.
Il y a aussi la trace numérique qui s’accumule. Le chiffre des 1 300 photos avant 13 ans, issu d’une étude britannique, donne le vertige. L’enfant qui découvrira son histoire en ligne à l’adolescence n’aura jamais consenti à la moitié de ce qui s’y trouve.
Bon à savoir : quelques habitudes simples limitent les risques. On évite de montrer le visage en gros plan, on coupe la géolocalisation, on bannit le prénom complet et l’école, et on privilégie les groupes privés ou les messageries fermées pour partager avec la famille. Demander son accord à l’enfant dès 6 ou 7 ans devient aussi un bon réflexe.
Quand les parents ne sont pas d’accord
La diffusion de photos de vos enfants peut devenir un point de friction, en particulier après une séparation. La loi prévoit ce cas de figure. En cas de désaccord, le juge aux affaires familiales peut interdire à l’un des parents de publier toute image de l’enfant sans l’accord de l’autre.
Dans les situations les plus graves, lorsque la diffusion porte atteinte à la dignité de l’enfant, le juge peut aller jusqu’à une délégation partielle de l’autorité parentale sur ce point précis. La CNIL, de son côté, peut saisir la justice pour obtenir le blocage d’un site qui refuserait de retirer ces contenus.
Attention : une image partagée même dans un cercle restreint peut être captée et rediffusée. Avant de publier, posez-vous la question simple : mon enfant, devenu adolescent, serait-il à l’aise de voir cette photo accessible à tous ? Si la réponse est non, mieux vaut s’abstenir.
Ce qu’il faut retenir
• Publier des photos de vos enfants relève désormais d’une responsabilité inscrite dans le Code civil.
• Il faut associer l’enfant à la décision selon son âge et sa maturité.
• Les risques vont de l’usurpation d’identité au détournement des images.
• En cas de conflit parental, le juge peut interdire la diffusion sans accord commun.
FAQ sur la diffusion des photos de vos enfants
Ai-je le droit de publier une photo de mon enfant sans son accord ?
Tant qu’il est trop jeune pour comprendre, ce sont les parents qui exercent ce droit, mais la loi leur demande de protéger sa vie privée. Dès que l’enfant peut donner un avis, il doit être associé à la décision. Son refus mérite d’être respecté.
Que faire si l’autre parent publie des photos sans mon accord ?
Vous pouvez d’abord en discuter et demander le retrait. En cas de blocage, le juge aux affaires familiales peut être saisi. Il a le pouvoir d’interdire à un parent de diffuser des images de l’enfant sans l’accord de l’autre, dans l’intérêt de l’enfant.
Comment partager des photos avec la famille sans risque ?
Privilégiez les messageries privées ou les albums partagés à accès restreint, plutôt qu’une publication ouverte. Évitez le visage en gros plan, la géolocalisation et les détails identifiants comme l’école. Ces précautions réduisent fortement la circulation incontrôlée des images.
Sources
• CNIL, partage de photos et vidéos d’enfants
• Vie-publique.fr, loi du 19 février 2024
• economie.gouv.fr, apports de la loi
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Olivier, fondateur d’avis-parents.com, journaliste de formation et papa de 4 enfants.

Journaliste de formation et père de quatre enfants, j’ai appris la parentalité comme beaucoup d’autres : en faisant, en me trompant parfois, et en ajustant au fil du quotidien.
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