Congé maternité auto-entrepreneur 2026 : durée, montants et démarches

En 2026, le congé maternité d’une auto-entrepreneuse dure de 8 à 16 semaines pour un premier ou deuxième enfant. Il ouvre droit à une allocation forfaitaire de 4 005 euros et à des indemnités journalières de 65,84 euros par jour, à condition d’avoir 6 mois d’affiliation et de cesser totalement son activité.

En bref

1. Arrêtez-vous au moins 8 semaines, dont 6 après la naissance, pour toucher les indemnités.

2. Sous 4 582 euros de revenu annuel moyen, les montants chutent à environ 10 % du plein tarif.

3. Depuis juillet 2026, un congé de naissance d’un à deux mois peut prolonger la pause.

Temps de lecture : 9 min | Mis à jour : octobre 2026

Sans employeur pour maintenir le salaire, le congé maternité auto-entrepreneur passe entièrement par l’Assurance maladie. Depuis la réforme de 2019, sa durée s’aligne sur celle des salariées. Les montants, eux, restent forfaitaires et dépendent surtout d’un seuil de revenu que beaucoup de micro-entrepreneuses découvrent trop tard. Voici les règles 2026 publiées par ameli.fr, avec les démarches à lancer dès le test positif.

Qui a droit au congé maternité quand on est auto-entrepreneuse ?

Toute micro-entrepreneuse affiliée depuis au moins 6 mois à la date présumée de l’accouchement peut prétendre aux prestations maternité. C’est ce que précise la page dédiée d’ameli.fr. Elle vaut pour les artisanes, commerçantes et professions libérales, quel que soit le régime fiscal.

Deuxième condition : vous devez cesser toute activité professionnelle pendant au moins 8 semaines, dont 6 après la naissance. Aucune prestation ni rendez-vous client pendant cette période. Vous n’avez en revanche aucun justificatif de revenu à envoyer. Votre caisse récupère directement les données de l’Urssaf. Les salariées relèvent d’un autre régime, que nous détaillons dans notre guide du congé maternité 2026.

Quelle durée pour le congé maternité d’une auto-entrepreneuse ?

La durée maximale suit désormais celle des salariées : 16 semaines pour un premier enfant, davantage ensuite. Le minimum indemnisé reste de 8 semaines. Entre les deux, vous choisissez, et chaque jour d’arrêt supplémentaire est payé. Voici les durées maximales officielles publiées par l’Assurance maladie.

SituationAvant la naissanceAprès la naissanceTotal
1er enfant (ou 1 enfant à charge)6 semaines10 semaines16 semaines
Au moins 2 enfants à charge8 semaines18 semaines26 semaines
Jumeaux12 semaines22 semaines34 semaines
Triplés ou plus24 semaines22 semaines46 semaines

Reporter ou avancer une partie du congé

Sur prescription médicale, vous pouvez reporter jusqu’à 3 semaines du congé prénatal après la naissance. À l’inverse, une maman qui a déjà deux enfants à charge peut avancer son départ de 2 semaines, et jusqu’à 4 semaines pour des jumeaux. En cas d’accouchement prématuré, les jours prénataux non pris s’ajoutent au congé postnatal. La date de fin ne bouge donc pas.

Le congé pathologique des indépendantes

Votre médecin peut aussi prescrire un congé pathologique. Pour une travailleuse indépendante, il atteint jusqu’à 30 jours avant la naissance et 15 jours après, selon ameli.fr. Ces durées diffèrent de celles des salariées, que reprennent la plupart des simulateurs en ligne.

Combien touche une auto-entrepreneuse en congé maternité en 2026 ?

Le congé maternité d’une auto-entrepreneuse repose sur deux versements cumulables. D’abord, une allocation forfaitaire, versée quelle que soit la durée de l’arrêt. Ensuite, des indemnités journalières, payées pour chaque jour sans activité. Leurs montants ne dépendent pas de votre chiffre d’affaires exact, tant que vous dépassez le seuil de revenu détaillé plus bas.

Infographie congé maternité auto-entrepreneur 2026 : 4 005 euros d'allocation, 65,84 euros par jour, 8 à 16 semaines
Les trois chiffres clés du congé maternité d’une auto-entrepreneuse en 2026 (source : ameli.fr).

L’allocation forfaitaire de repos maternel : 4 005 euros

L’allocation forfaitaire de repos maternel correspond au plafond mensuel de la Sécurité sociale, soit 4 005 euros au 1er janvier 2026. Votre caisse la verse en deux fois : la moitié au début du congé, l’autre moitié à la fin des 8 semaines d’arrêt obligatoire. Si vous accouchez avant la fin du 7e mois de grossesse, vous la recevez en une seule fois après la naissance.

Les indemnités journalières forfaitaires : 65,84 euros par jour

Les indemnités journalières s’élèvent à 65,84 euros par jour en 2026, soit 1/730 du plafond annuel de la Sécurité sociale. Elles couvrent chaque jour d’arrêt, dans la limite de la durée légale. Attention, elles supportent la CSG, la CRDS et l’impôt sur le revenu. Le montant net perçu reste donc un peu inférieur.

Exemple chiffré pour un premier enfant

Une graphiste en micro-entreprise attend son premier enfant. Si elle s’arrête le minimum de 8 semaines, elle perçoit 3 687,04 euros d’indemnités (56 jours x 65,84 euros) plus l’allocation de 4 005 euros, soit 7 692,04 euros bruts. Si elle prend les 16 semaines complètes, les indemnités montent à 7 374,08 euros (112 jours). Avec l’allocation, le total atteint 11 379,08 euros bruts.

Revenus faibles : le seuil de 4 582 euros qui change tout

Le seuil de 4 582 euros de revenu annuel moyen correspond à 10 % du plafond annuel moyen de la Sécurité sociale des trois années de référence. Si votre revenu d’activité annuel moyen passe sous ce seuil, l’allocation forfaitaire tombe à 400,50 euros. Les indemnités journalières chutent, elles, à environ 6,58 euros par jour pour un congé débutant en 2026.

Pour une micro-entrepreneuse, ce revenu correspond au chiffre d’affaires après l’abattement forfaitaire de son activité. Il faut donc viser un chiffre d’affaires annuel moyen d’environ 15 800 euros en achat-revente (abattement de 71 %), 9 164 euros en prestations commerciales ou artisanales (50 %) et 6 943 euros en activité libérale (34 %). Une année creuse ou une activité lancée récemment suffit à passer sous la barre.

Attention

La page d’ameli.fr mentionne à la fois des indemnités réduites de 6,58 euros par jour et un montant pouvant tomber à zéro sous le seuil. Si votre revenu tourne autour de 4 582 euros, demandez une estimation écrite à votre caisse avant de planifier la durée de votre arrêt.

Après le congé maternité : le nouveau congé de naissance

Depuis le 1er juillet 2026, les indépendantes peuvent aussi prendre un congé supplémentaire de naissance, pour les enfants nés à partir du 1er janvier 2026. Il dure un ou deux mois, d’un bloc ou en deux périodes d’un mois. Vous devez le prendre dans les 9 mois suivant la naissance et cesser totalement votre activité pendant cette période.

L’indemnité journalière atteint 43 euros nets le premier mois, puis 36,85 euros nets le second, selon ameli.fr. Sous le seuil de 4 582 euros de revenu annuel moyen, elle tombe à 6,14 euros nets par jour sur les deux mois. Votre caisse la verse à terme échu, après chaque période. Pour le détail du dispositif, consultez notre article sur le congé de naissance 2026.

Les démarches du congé maternité auto-entrepreneur, étape par étape

Tout commence par la déclaration de grossesse, à faire avant la fin du 3e mois. Votre médecin ou votre sage-femme la transmet à votre caisse d’assurance maladie et à la CAF, qui ouvre aussi le droit à la prime de naissance. La caisse vous envoie ensuite votre carnet de maternité.

L’examen prénatal du 7e mois déclenche le premier versement de l’allocation forfaitaire. Le certificat d’accouchement remis par la maternité déclenche le second. Côté indemnités journalières, la caisse calcule vos droits à partir des données de l’Urssaf, sans dossier de revenus à constituer. Le simulateur officiel d’ameli.fr permet d’estimer le montant à l’avance. Côté Urssaf, vos cotisations suivent votre chiffre d’affaires : sans activité, vous déclarez zéro. Pour d’éventuelles cotisations restant dues, l’Urssaf accorde un échéancier de 12 à 24 mois.

Anticiper : mutuelle, prévoyance et trésorerie

Les prestations de l’Assurance maladie ne couvrent pas tout. Une chambre particulière à la maternité, des dépassements d’honoraires ou des séances d’ostéopathie restent souvent à votre charge. Comme la plupart des contrats imposent un délai de carence sur la maternité, souscrivez avant la grossesse si possible. Pour une indépendante, notre guide pour choisir une mutuelle auto-entrepreneur avant un bébé détaille les contrats adaptés à votre statut. Notre guide de la mutuelle grossesse détaille les garanties à regarder, et notre comparatif des mutuelles maternité compare les remboursements.

Côté trésorerie, le second versement de l’allocation arrive seulement à la fin des 8 semaines, et vos clients ne vous attendent pas toujours. Mettez de côté deux ou trois mois de charges personnelles avant le départ. Prévenez enfin vos clients réguliers suffisamment tôt, avec une date de retour indicative.

Ce qu’il faut retenir

Pour un premier enfant, une auto-entrepreneuse au-dessus du seuil de revenu touche jusqu’à 11 379 euros bruts sur 16 semaines, puis jusqu’à deux mois de congé de naissance. Sous 4 582 euros de revenu annuel moyen, demandez une estimation écrite à votre caisse avant de fixer la durée de votre arrêt.

FAQ

Une auto-entrepreneuse peut-elle travailler pendant son congé maternité ?

Pas pendant la période indemnisée. Le versement des indemnités journalières suppose une cessation totale de l’activité professionnelle, pendant au moins 8 semaines dont 6 après la naissance. Une reprise pendant cette période vous expose à perdre vos indemnités.

Quelle est la durée minimale du congé maternité pour une auto-entrepreneuse ?

La durée minimale indemnisée est de 8 semaines, soit 56 jours, dont 6 semaines après l’accouchement. Vous pouvez ensuite prolonger jusqu’à 16 semaines pour un premier enfant, chaque jour supplémentaire étant indemnisé.

Le congé maternité d’une auto-entrepreneuse est-il imposable ?

Les indemnités journalières supportent la CSG, la CRDS et l’impôt sur le revenu, selon ameli.fr. Pensez à les intégrer dans votre budget familial de l’année, notamment si vous êtes prélevée à la source.

Faut-il payer ses cotisations pendant le congé maternité ?

En micro-entreprise, les cotisations se calculent sur le chiffre d’affaires déclaré. Sans activité, vous déclarez zéro et ne payez donc pas de cotisations sur cette période. Pour les sommes déjà dues, l’Urssaf accepte un report avec échéancier.

Sources

Dernière vérification : octobre 2026

Cet article s’appuie sur les informations officielles de l’Assurance maladie et de l’Urssaf. Il ne remplace pas l’avis de votre caisse. En cas de doute sur votre situation, contactez votre CPAM.

Par Olivier Bonnet, journaliste, éditeur d’avis-parents.com et père de quatre enfants.

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